ALGÉRIE
31/03/2019 17h:21 CET

Gaid Salah vs Bouteflika : les Algériens assistent à une guerre des tranchées

ASSOCIATED PRESS

Les luttes des clans au sein du système fait rage. La mobilisation populaire a provoqué la rupture des digues et la fin des équilibres au sein du régime. Comme une lame de fond qui emporte tout sur son passage, le mouvement populaire désagrège le système sans que personne ne sache jusqu’où ira sa décomposition. Entre retournement de vestes et tentatives de fuite à l’étranger, les évènements se sont accélérés ces dernières vingt-quatre heures.

En première ligne, la famille du chef de l’Etat qui a décidé de rejouer “Fort Alamo” à Zeralda, entourée par un carré de fidèles, dont le président du Conseil Constitutionnel, Tayeb Belaïz. Les Bouteflika sont décidés à vendre chèrement leur peau, d’autant que le temps joue en leur faveur au moment où l’Etat-Major et certains pays européens poussent pour une solution rapide, afin d’éviter tout risque de dérapage.

D’ici, le 28 avril date de la fin de la présidence Abdelaziz Bouteflika, la famille peut espérer obtenir les garanties nécessaires pour l’impunité du clan et des plus proches. En jeu, l’immense fortune amassée durant les vingt années de règne du président et placée à l’étranger. Sauf que les déclarations samedi du patron de l’armée, révèle que la famille a d’autres dessins. 

La divulgation d’une réunion secrète tenue samedi pour contrecarrer la suggestion de l’ANP d’appliquer l’art 102 de la constitution, montre que le patron de l’armée fait face à une forte résistance qui sape son autorité. Pire, le site TSA croit savoir que les présents à la réunion de samedi “auraient décidé de faire endosser au président de la République un décret mettant fin aux fonctions de l’actuel chef d’état-major”.

Pour l’instant, personne ne sait comment la situation va évoluer, alors que Bouteflika et le Conseil Constitutionnel campent sur leur position. Faut-il craindre un coup de force de l’armée ? Improbable mais pas impossible tant la situation parait bloquée face à l’intransigeance de la famille Bouteflika et la marge de manœuvre étroite de l’Etat-Major de l’armée, pieds et poings liés par la constitution.

Pour leur part, les Algériens, qui aspirent à créer les conditions d’un vrai changement, n’ont pas l’intention de se laisser entraîner dans cette lutte des clans.  Le peuple ne veut pas lâcher ses revendications et a déjà fait savoir qu’il attend qu’on traduise dans les faits ses exigences.