ALGÉRIE
26/07/2018 15h:10 CET

Gaid Salah répond sèchement à Makri: "L'armée n'a d'autre tuteur que les orientations du Président"

Nacerdine ZEBAR via Getty Images
Ahmed Gaid Salah - Photo d'archive. 

″[L’armée] ne peut en aucun cas être mêlée aux enchevêtrements des parties et des politiques”, a affirmé jeudi 26 juillet le Chef d’État-major de l’Armée Nationale Populaire (ANP), Ahmed Gaid Salah, dans une réponse sèche au président du MSP Abderrazak Makri qui l’a appelé à initier une “transition démocratique”. 

Lors d’une allocution à l’occasion d’une cérémonie à l’honneur des meilleurs lauréats des Cadets de la Nation au Baccalauréat, diffusée sur la télévision gouvernementale, le Général de Corps d’Armée n’a pas lésiné sur les mots pour recadrer M. Makri ou d’autres politiques qui, selon lui, appellent l’armée à intervenir au lieu de d’exercer de la politique. 

“Au lieu d’essayer de s’approcher du citoyen en conférant davantage d’importance à ses préoccupations, quelques personnes, et certaines parties s’éloignent volontairement de l’exercice politique”, a indiqué Ahmed Gaid Salah.

Abderrazak Makri a rencontré cette semaine des responsables de partis politiques, du pouvoir (FLN) comme de l’opposition (FFS) dans le cadre de son initiative politique. Pour le président du MSP, il s’agit d’une “transition démocratique” que devra diriger l’armée. 

Abderrazak Makri, qui a fait partie de la CNTLD et s’est opposé au 4e mandat de Bouteflika, a tempéré ses déclarations récemment concernant sa position vis-à-vis du 5e mandat, notamment lors d’une conférence de presse qu’il a animé avec le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, fervent soutien du président. 

La réponse du vice-ministre de la Défense a été sans équivoque: “Certains s’autoproclament tuteurs de l’Armée Nationale Populaire [...] Que tout le monde sache, qu’il n’est autre tuteur pour l’Armée Nationale Populaire, digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, que les orientations de Son Excellence, le Moudjahid, Monsieur le Président de la République, Chef Suprême des Forces Armées, Ministre de la Défense Nationale”.

 Texte intégral de la réponse d’Ahmed Gaid Salah:

« L’une des mauvaises pratiques, voire étranges, irrationnelles et inacceptables, à la veille de chaque rendez-vous électoral, que ce soit pour l’Assemblée Populaire Nationale, ou pour les Assemblées Communales ou Wilayales, ou même pour les élections présidentielles, je dis, à la veille de ces importants scrutins nationaux, et au lieu d’essayer de s’approcher du citoyen en conférant davantage d’importance à ses préoccupations, quelques personnes, et certaines parties s’éloignent volontairement de l’exercice politique. La politique est l’aptitude à s’adapter aux réalités du quotidien, l’aptitude se veut être la bonne gestion des exigences de l’intérêt national et les impératifs de leur réalisation, ce qui nécessite un haut niveau de performance politique en toutes conditions et circonstances. A ce sujet, j’avais auparavant souligné et clarifié avec insistance, à maintes occasions, que l’Armée Nationale Populaire est une Armée qui connait ses limites, voire le cadre de ses missions constitutionnelles, qui ne peut en aucun cas être mêlée aux enchevêtrements des parties et des politiques, ou être immiscée dans des conflits qui ne la concernent ni de près ni de loin.
   En dépit de cela, certains s’autoproclament tuteurs de l’Armée Nationale Populaire, voire leur porte-parole, omettant ou volontairement négligeant, que l’Armée Nationale Populaire est une Armée du peuple algérien, une Armée dans tous les sens portés par cette expression, en termes de glorieuse histoire et de nobles valeurs, et avec tout ce que cela représente pour le présent et pour l’avenir. Que tout le monde sache, qu’il n’est autre tuteur pour l’Armée Nationale Populaire, digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, que les orientations de Son Excellence, le Moudjahid, Monsieur le Président de la République, Chef Suprême des Forces Armées, Ministre de la Défense Nationale. Une Armée qui veille, en permanence, et je le redis encore une fois, elle veille avec discernement sans jamais fermer l’œil, et travaille avec persévérance conformément aux lois de la République, et aux dispositions de la Constitution Algérienne».