ALGÉRIE
17/06/2019 15h:33 CET

Gaïd Salah prône le "dialogue" pour organiser une présidentielle "transparente et crédible"

Huffpost MG

Le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah a appelé lundi 17 juin à un “dialogue” qui mènerait à l’organisation d’une élection présidentielle “dans les plus brefs délais” afin de sortir de la “crise que traverse l’Algérie”. 

“Je rappellerai encore une fois que trouver ces voies qui mèneraient aux présidentielles ne peut se faire qu’à travers le dialogue dont les résultats pourront satisfaire la majorité du peuple algérien”, a déclaré le général de corps d’armée lors d’une visite à Bechar. 

“Un dialogue qui réunit la classe politique, la société civile et les personnalités nationales et qui sera l’unique voie vers une rupture effective, à laquelle ne cesse d’appeler le peuple algérien, avec tout ce qui est préjudiciable et néfaste”, a-t-il ajouté. 

Tout en réitérant l’attachement de l’armée aux “solutions légales et constitutionnelles”, Gaïd Salah a également affirmé que la tenue de cette élection dans les plus brefs délais et dans les meilleures conditions de “transparence et de crédibilité” est un ”élément fondamental” de la véritable démocratie ”à laquelle ne croient pas, malheureusement, certains adeptes de la surenchère politique et idéologique”.

C’est ainsi qu’il a qualifié les détracteurs qui proposent d’autres solutions politiques avant la tenue d’une présidentielle. Pour lui, ils “considèrent les élections comme un choix plutôt qu’une nécessité. C’est là le summum du paradoxe intellectuel et politique, car il n’y a guère de démocratie sans élections libres et intègres, sauf si la démocratie signifie s’enliser dans le bourbier de la cooptation”. 

Selon le vice-ministre de la Défense, la sortie de la crise se trouve “entre les mains de ceux qui nourrissent en eux-mêmes la vertu de l’altruisme, soit le rejet de tout égoïsme, qu’il soit centré sur une personne, un parti ou autre, en faisant prévaloir l’intérêt de l’Algérie au-dessus de tout autre intérêt”. 

 

“Aucune exception ne sera faite à quiconque”

Sur les dossiers ouverts par la justice contre la corruption, Ahmed Gaïd Salah a affirmé que la purge en cours ne connaîtra pas “d’exception”. 

“Partant du fait que la lutte contre la corruption n’admet aucune limite et qu’aucune exception ne sera faite à quiconque, cette voie sera celle que l’institution militaire veillera à entreprendre avec détermination, posant ainsi les jalons de l’affranchissement de l’Algérie du vice de la corruption et des corrupteurs avant la tenue des prochaines élections présidentielles”, a-t-il lancé. 

De nombreux observateurs avaient souligné que des hommes d’affaires et des responsables politiques réputés proches du chef d’état-major n’ont pas été inquiétés par la campagne anti-corruption en cours. 

Ahmed Gaïd Salah a également qualifié “la réforme de la justice” menée sous l’ancien président Abdelaziz Bouteflika de “paroles en l’air et des réformes creuses qui, bien au contraire, ont encouragé les corrompus à persister dans leurs méfaits et ont été parrainés pour empiéter les droits du peuple”.