ALGÉRIE
10/07/2019 13h:10 CET

Gaid Salah qualifie de "traîtres" les manifestants qui scandent "un Etat civil et non militaire"

Nacerdine ZEBAR via Getty Images

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, a affirmé mercredi 10 juillet dans un nouveau discours que le slogan “Etat civil et non militaire” répété lors des manifestations a été “dicté par des cercles hostiles à l’Algérie”. 

“Ces présidentielles que nous considérons réellement comme la clé pour accéder à l’édification d’un Etat fort avec des fondements sains et solides. Un Etat que le Commandement de l’Armée Nationale Populaire œuvre résolument à atteindre dans des conditions de sécurité et de stabilité, en dépit des embûches que sèment sur son chemin certains de ceux qui répugnent le bon déroulement de ce processus constitutionnel judicieux, à l’instar des slogans mensongers, aux intentions et objectifs démasqués comme réclamer un Etat civil et non militaire. Ce sont là des idées empoisonnées qui leur ont été dictées par des cercles hostiles à l’Algérie et à ses institutions constitutionnelles”, a-t-il estimé dans un discours lors d’une cérémonie organisée par l’armée à Alger. 

Lors des manifestations contre le pouvoir qui se poursuivent depuis le 22 février, les manifestants ont adopté le slogan “doula madania machi âaskariya” (un Etat civil et non militaire), notamment depuis la démission de Abdelaziz Bouteflika, pour exprimer leur refus d’une éventuelle prise de pouvoir par les militaires et d’un scénario ”à l’égyptienne”. 

Gaid Salah a même qualifié ceux qui répètent ce slogan de “traîtres”. 

“Nous leur adressons une sérieuse mise en garde, que l’Algérie est plus chère et plus précieuse pour qu’elle soit, elle et son peuple, victimes de ces traitres qui ont vendu leur âme et conscience et sont devenus des outils manipulables voire dangereux entre les mains de ces cercles hostiles à notre pays”, a-t-il lancé. 

Dans ce qui peut être lu comme une mise en garde annoncée contre les manifestations, l’homme fort de l’armée a évoqué une “vision rigoureuse” qu’il serait “grandement temps” d’avoir. 

″Il est grandement temps d’avoir une vision rigoureuse fondée sur la protection l’intérêt suprême de l’Algérie, quant à la prise de toutes les dispositions réglementaires envers les agissements de ces traitres contre l’avenir du peuple et le destin de la patrie. Il est certain que c’est l’appareil de la justice qui statuera sur ce qui adviendra de ces traitres et prendra toutes les dispositions équitables, mais dissuasives et rigoureuses au demeurant”, a-t-il ajouté.