ALGÉRIE
23/04/2019 15h:19 CET | Actualisé 23/04/2019 15h:45 CET

Gaid Salah fustige l'opposition et maintient le cap sur la présidentielle du 4 juillet

Après avoir affirmé la semaine dernière que "toutes les perspectives possibles restent ouvertes" pour trouver une solution, Ahmed Gaid Salah revient vers le cap de l'élection gérée par le régime.

ASSOCIATED PRESS

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, a affirmé mardi 23 avril dans un nouveau discours sur la crise actuelle que le peuple algérien “tranchera lors de l’élection d’un nouveau président de la République” qui aura “la légitimité nécessaire” pour “satisfaire les revendications légitimes du peuple”.

Lors d’une visite à la première région militaire (Blida), le discours a été l’occasion pour Gaid Salah de critiquer l’opposition et les acteurs politiques qui rejettent une transition gérée par le pouvoir en place avec une présidentielle programmée pour le 4 juillet. 

“Nous avons enregistré certaines voies qui ne veulent pas le bien du pays, appelant à l’obstination et au maintien des positions précédentes, sans prendre en compte tout ce qui a été réalisé, et refusent toutes les initiatives et boycottent tous les pas, y compris le dialogue”, a déclaré le général de corps d’armée. 

“Ces voies et ces positions obstinées travaillent pour pousser le pays vers le piège du vide constitutionnel et un tourbillon de violence et de chaos”, a-t-il ajouté.

L’homme fort de l’armée fait vraisemblablement référence à la conférence de consultation lancée par le chef de l’Etat par intérim Abdelkader Bensalah, censée discuter la mise en place d’une instance de surveillance de l’élection du 4 juillet. L’événement a été boycotté par la majorité des partis et personnalités de l’opposition et même des partis du pouvoir comme le MPA ou TAJ.

Les déclarations de Gaid Salah sonnent comme un nouveau soutien à la présidentielle du 4 juillet, une proposition rejetée par les manifestations qui se poursuivent.

La position de l’armée intervient aussi une semaine après un autre discours du vice-ministre de la Défense où il avait indiqué que “toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution”. 

 

“L’étrange phénomène” de chasser les responsables

Des ministres du gouvernement Bedoui, dont les manifestations demandent le départ, ont été chassés de différentes villes de l’Algérie où ils ont tenté de tenir des activités officielles.

Cette forme de contestation n’a pas plu à l’homme fort de l’armée qui l’a qualifiée de “phénomène étrange”. 

“Ce sont des comportements en contradiction avec les lois de la République et que le peuple algérien, jaloux des institutions de son pays, n’accepte pas, et que l’armée nationale populaire n’accepte pas non plus. 

 

“Un complot qui date de 2015”

Poursuivant des attaques contre Mohamed Mediene que des observateurs voient comme un règlement de compte personnel, Ahmed Gaid Salah a évoqué un complot présumé qui daterait de 2015, année de la mise à la retraite du patron de l’ancien de DRS.

“Nous avons obtenu des informations confirmées sur un plan malveillant pour mener le pays à l’impasse, dont les prémices remontent à 2015, lorsque les trames et les visées du complot ont été révélées. Nous œuvrons sereinement et avec patience à démanteler les bombes à retardement qu’ont implantées ces corrompus et corrupteurs dans les différents secteurs et structures vitales de l’Etat”, a affirmé le chef d’état-major.

Dans le discours de mardi dernier, Gaid Salah avait cité explicitement le patron de l’ancien département de renseignements. “Je lance à cette personne un dernier avertissement, et dans le cas où il persiste dans ses agissements, des mesures légales fermes seront prises à son encontre”, avait-il martelé.

Le général de corps d’armée a par ailleurs “salué” la réaction de la justice qu’il a appelé la semaine dernière ”à accélérer les poursuites” des dossiers de corruption. 

L’homme d’affaires Issad Rebrab a été placé sous mandat de dépôt après avoir été entendu la veille par un procureur à Alger. Les frères Kouninef ont également été arrêtés. Les chefs d’accusation portent sur des affaires de corruption présumée.

Des observateurs ont critiqué l’appel de Ahmed Gaïd Salah adressé à la justice, le considérant comme une instrumentalisation de l’appareil judiciaire.