ALGÉRIE
19/05/2019 13h:15 CET

Gaïd Salah en visite à Ouargla: va-t-il changer de cap sur l'élection?

RYAD KRAMDI via Getty Images

Le chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah entame dimanche 19 mai une visite dans la quatrième région militaire (Ouargla), à un jour de la date limite du dépôt des candidatures à la présidentielle du 4 juillet qu’il maintient contre vents et marées.

Officiellement pour “la supervision des tirs de contrôle, conformément à la directive opérationnelle”, le déplacement du général de corps d’armée arrive au lendemain de la publication d’une lettre de trois personnalités politiques appelant à l’annulation de l’élection du 4 juillet.

Ahmed Taleb El Ibrahimi, le général à la retraite Rachid Benyelles et Ali Yahia Abdennour ont publié la veille une lettre appelant à l’annulation de l’élection que le pouvoir veut imposer comme “solution constitutionnelle” depuis la démission de Abdelaziz Bouteflika début avril malgré le rejet populaire de cette voie. 

Le rejet de la présidentielle lors des manifestations qui se poursuivent est accompagné de l’absence de candidats sérieux. Mis à part Abdelaziz Belaïd du parti El Mostakbal, aucun autre ancien candidat ou personnalité politique notoire n’a retiré les formulaires. 

Les précédents déplacements du vice-ministre de la Défense ont toutes été accompagnées de discours politiques depuis le début de la révolution du 22 février. 

Dans son discours lu le 30 avril à Constantine, Ahmed Gaïd Salah avait encore défendu la prochaine présidentielle comme solution.

“Dans cette optique, et dans le respect de la Constitution et des institutions de l’Etat, il nous incombe d’œuvrer à réunir les conditions idoines pour l’organisation des élections présidentielles le plutôt possible, du fait qu’elles constituent la solution idéale pour sortir de la crise”, avait-il affirmé.

La dernière position de l’homme fort de l’armée a donc été son soutien à l’élection, bien que tempéré le lendemain dans un autre mot quand il a évoqué le “le dialogue constructif avec les institutions de l’Etat” comme moyen de sortir de la crise.