ALGÉRIE
24/04/2019 11h:43 CET | Actualisé 24/04/2019 11h:56 CET

Gaid Salah change (encore) de ton

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Nouvelle intervention de Gaid Salah. La deuxième en moins de 24H. Le Chef d’Etat-major, général de Corps d’Armée et Vice-ministre de la Défense nationale, semble, encore une fois, modérer son propos. Dans un nouveau discours, prononcé hier, lors de sa visite de travail effectuée en 1ère Région Militaire, mais publié ce mercredi 24 avril 2019 par le MDN, il a affirmé que l’armée algérienne est ouverte à toute “proposition constructive et initiative utile  allant dans le sens du dénouement de la crise et menant le pays vers la paix”. 

Gaid Salah a également rappelé que le commandement de l’armée offrait “garanties suffisantes aux services judiciaires pour poursuivre avec détermination et en toute liberté, sans aucune contrainte ni pression, le jugement des corrupteurs”.

L’ANP offre des garanties à la justice

Le vice-ministre de la Défense, après avoir souligné la “cohésion et la concordance entre les visions du peuple algérien et son armée”, a pointé du doigt “ceux qui portent une animosité profonde envers l’Algérie et son peuple et ce, malheureusement, en conspirant avec des parties intérieures, qui ont vendu leur âme et ont hypothéqué l’avenir de leurs concitoyens pour des fins et des intérêts personnels étroits”.

Gaid Salah a, par la suite, avertit contre “diverses tentatives visant à semer la terreur et l’anarchie et troubler l’ambiance calme et sereine caractérisant les marches citoyennes”, ainsi que des “plans qui tendent à semer les graines de la discorde et de la sédition entre les Algériens et leur armée”. 

Il a rajouté que celle-ci “continue à leur faire face, conformément aux dispositions de la Constitution et des lois républicaines”. Il en veut pour preuve l’interpellation, au courant de la fin de la semaine passée, d’individus en possession d’armes à feu, d’armes blanches et de grenades lacrymogènes, ainsi qu’une grande quantité de psychotropes et des moyens de communication”. Une information communiquée cela fait deux semaines par la DGSN dans un communiqué.

Dans son nouveau discours, Gaid Salah a rappelé avoir exhorté “l’appareil de la justice, dans (ses) interventions précédentes, à accélérer la cadence des poursuites judiciaires concernant les affaires de corruption et de dilapidation des deniers publics et de juger tous ceux qui ont pillé l’argent du peuple”.

Il a “valorisé la réponse de la justice quant à cet appel qui représente un volet important des revendications légitimes des Algériens”, insistant, encore une fois, sur les garanties qu’offres le Commandement de l’Armée Nationale Populaire “aux services judiciaires pour poursuivre avec détermination et en toute liberté, sans aucune contrainte ni pression, le jugement de ces corrupteurs”.

Une volte-face

Le nouveau discours de Gaid Salah est néanmoins marqué par un changement de ton par rapport à son précédent discours. Le chef d’Etat-Major avait critiqué l’opposition qui vise à “déstabiliser le pays et semer la discorde (...) à travers des slogans irréalisables visant à mener le pays vers un vide constitutionnel et détruire les institutions de l’Etat, voire provoquer une déclaration de l’état d’exception”.

Il a surtout sous-entendu que la souveraineté du peuple algérien se traduira à travers sa décision d’élire, lors des prochaines élections, un nouveau président de la République, qui aura la légitimité requise pour satisfaire le reste des revendications populaires légitimes”.

Une position révisée en déclarant dans ce nouveau discours que “l’Armée Nationale Populaire approuvera toute proposition constructive et initiative utile allant dans le sens du dénouement de la crise et menant le pays vers la paix”. 

 Depuis la convocation du corps électoral par Abdelkader Bensalah, chef de l’Etat par intérim, le vice-ministre de la Défense n’a cessé de revenir sur ses positions.

Dans un discours prononcé le 10 avril, il a fait part de l’engagement de l’Armée Nationale Populaire de “veiller au suivi de la période de transition destinée à la préparation des élections présidentielles”.

Une semaine plus tard, le 16 avril, il a exprimé “l’engagement de l’Armée Nationale Populaire d’accompagner les institutions de l’Etat durant cette transition, tout en soulignant que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais”.