ALGÉRIE
10/04/2019 13h:58 CET

Gaïd Salah cautionne la transition "intra-système" et évoque des "tentatives" étrangères de déstabilisation

ASSOCIATED PRESS

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, a apporté mercredi 10 avril sa caution à la transition “intra-système” en place, au lendemain de la désignation de Abdelkader Bensalah comme chef de l’Etat par intérim. 

“La conduite de la période de transition nécessite un ensemble de mécanismes dont la mise en œuvre doit s’effectuer conformément à la Constitution”, a indiqué le général de corps d’armée lors d’un discours tenu à Oran. 

“Je voudrais confirmer, dans ce contexte, que la période de transition destinée à la préparation des élections présidentielles, se fera avec l’accompagnement de l’Armée Nationale Populaire”, a-t-il ajouté. 

Le chef d’état-major considère que toute autre forme de transition est “une revendication irréalisable”. 

“Comme il appartient à tout un chacun de comprendre et assimiler tous les aspects et les contours de la crise, durant la période à venir, notamment dans son volet socio-économique, qui s’aggravera davantage si les positions obstinées et les revendications irréalisables persistent, ce qui se reflète négativement sur les postes de travail et le pouvoir d’achat du citoyen, notamment au regard d’une situation régionale et internationale tendue et instable”, a affirmé le chef-d’état major.

“Aussi, il y a lieu de faire preuve de patience, de conscience et de lucidité afin de réaliser les revendications populaires, guider le pays vers la paix et jeter les bases d’un Etat de droit et d’institutions”, a-t-il ajouté. 

 

“Le peuple a obtenu ce qu’il voulait”

Pour Gaïd Salah, “le peuple a obtenu ce qu’il voulait lorsque le Président de la République a présenté sa démission”. Et si les manifestations se poursuivent avec “cette nouvelle phase”, le général de corps d’armée déplore “l’apparition de tentatives de la part de certaines parties étrangères, partant de leurs antécédents historiques avec notre pays”.

Ces parties, selon le vice-ministre de la Défense, “ont poussé certains individus au devant de la scène en les imposant comme représentant du peuple en vue de conduire la phase de transition”. Tout ceci afin de “déstabiliser le pays et semer la discorde entre les enfants du peuple, à travers des slogans irréalisables visant à mener le pays vers un vide constitutionnel et détruire les institutions de l’Etat,voire provoquer une déclaration de l’état d’exception”.

Ahmed Gaïd Salah a également accusé dans son discours des “organisations non-gouvernementales” d’avoir “infiltré” et “orienté” les manifestations.

 

Poursuites contre “la îssaba”

Ahmed Gaïd Salah considère que la justice “a recouvert ses pleines prérogatives”. Elle est en mesure d’agir “en toute liberté, sans contraintes aucunes, sans pressions ni ordres, pour entamer des poursuites judiciaires contre toute la bande impliquée dans les affaires de détournement des fonds publics et d’abus de pouvoir pour s’enrichir illégalement”. 

Le chef d’état-major a aussi évoqué les anciens “dossiers”, dont l’affaire Khalifa, Sonatrach ou encore l’affaire de la cocaïne de Kamel El Boucher. 

“A cet effet, nous rassurons l’opinion publique que la question s’étendra à tous les dossiers précédents”, a-t-il ajouté. 

Gaïd Salah a enfin ajouté qu’il n’a “aucune autre ambition que de servir notre pays et de veiller à sa sécurité et sa stabilité”.