MAROC
23/10/2018 17h:48 CET | Actualisé 23/10/2018 18h:26 CET

Gabi, la chèvre qui veut encourager les filles du Haut Atlas à rester scolarisées

Une initiative de Simo Elalj, un MRE basé à San Francisco.

Gabi the goat

SOLIDARITÉ - Et si une chèvre pouvait changer le destin d’une centaine de filles du monde rural? C’est le pari fou que Simo Elalj s’est lancé avec Gabi la chèvre, un jouet à presser qu’il a conçu spécialement pour aider les jeunes filles du Haut Atlas à bénéficier d’une éducation.

Pour réaliser son but, l’entrepreneur de 26 ans s’est associé à l’organisation Education for All (EFA) qui a construit cinq internats près des écoles dans différents villages du Haut Atlas, pour pouvoir rapprocher les filles de leurs établissements d’enseignement et les encourager à rester scolarisées, du primaire jusqu’au lycée. À ce jour, quelque 180 jeunes filles sont concernées. 

En lançant “You Goat Me”, Elalj espère donner de la visibilité à la cause d’EFA et récolter plus de dons. Pour chaque jouet ou t-shirt de Gabi, les donateurs permettront à EFA de financer trois jours d’internat à une écolière. Cette dernière est nourrie, logée, a accès à de l’eau chaude et à des ordinateurs, mais peut surtout se rendre chaque jour à l’école.

“La plupart des filles des villages de la région arrêtent leurs études très tôt. Après quelques années au primaire, leurs parents leurs demandent souvent de rester à la maison, pour éviter les longues heures de marche vers l’école qui peuvent être pénibles et parfois dangereuses. Les filles se retrouvent alors privées d’une bonne éducation et se contentent d’aider leur mères à la maison pour cuisiner et faire le ménage”, regrette Simo Elalj, qui rappelle que le tôt d’analphabétisme des filles dans le monde rural atteint les 83%.

Huffpost MG

Touché par les conditions de vie de ces fillettes, le jeune entrepreneur voulait aider l’association à récolter des fonds. Il a alors pensé à ce drôle d’animal qui habite la région, la chèvre. Avec sa langue pendante, ses yeux rectangulaires et son cri amusant, la chèvre était l’animal idéal qui pourrait attirer l’attention des potentiels donateurs.

”Les internautes sont plus réticents à faire des dons si on leur demande directement de donner de l’argent même en leur présentant la cause en question. C’est pour cette raison que j’ai voulu user du côté un peu loufoque de la chèvre pour d’abord divertir l’internaute et lui présenter ensuite notre cause”, explique Simo Elalj au HuffPost Maroc.

Le jeune entrepreneur a alors emmené Gabi la chèvre avec lui lors de ses nombreux voyages pour la présenter dans différentes mises en scène et la rendre encore plus attachante. Simo s’est même improvisé vidéaste et a réalisé plusieurs capsules vidéos mettant en vedette le jouet en plastique, dont deux ont déjà été publiées sur la page de Gabi (voir vidéo en-dessous)

S’il est aujourd’hui basé à San Francisco, l’entrepreneur  a toujours voulu avoir un “impact social positif” sur le Maroc. Et c’est en observant de plus près l’industrie du jouet à Shanghai, à l’occasion d’un voyage autour du monde de 6 mois, que l’idée de Simo Elalj est devenue plus claire. “Je me suis rendu compte que ce que j’avais en tête était réalisable”, se rappelle le fondateur de Refurb.me.

Simo Elalj a alors essayé de trouver des compagnies de production de jouets qui traitent bien leurs employés et utilisent des matériaux respectueux de l’environnement pour offrir un produit éthique qui servira une bonne cause.  

Depuis son lancement officiel le 15 octobre dernier, une trentaine d’internautes se sont déjà procuré leur Gabi. Elalj espère liquider son premier lot de 3000 jouets d’ici la fin de l’année 2018.