TUNISIE
24/05/2019 17h:07 CET

Furieux, les agriculteurs se mobilisent pour dénoncer l'importation "anarchique" de certains produits agricoles

L’importation de trois mille tonnes de pommes de terre d'Egypte est “un coup dur” pour la filière, regrettent les organisations syndicales.

ullstein bild via Getty Images

Les producteurs des pommes de terre, de fruits d’été et de volailles observeront mardi 28 mai 2019 un mouvement de protestation devant le ministère du Commerce. C’est ce qu’a annoncé l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) dans un communiqué rendu public ce vendredi 24 mai. 

Cette décision intervient suite aux décisions “unilatérales et improvisées” du ministère ”, souligne la source.

Ces décisions concernent notamment l’imposition des exportations des fruits d’été, à travers les frontières terrestres aux autorisations préalables, ce qui a causé de lourdes pertes aux producteurs, aggravé leurs problèmes et les a obligés à détruire d’importantes quantités d’abricots malgré la hausse importante des coûts de production et les effets du changement climatique et des catastrophes naturelles, explique le communiqué.

L’organisation agricole a critiqué, d’autre part, l’attachement du ministère du Commerce à l’importation anarchique, comme les pommes de terre et les œufs, sous prétexte de régulariser le marché.

Elle regrette également l’importation de nombreux produits non essentiels, et sans prendre en compte la santé du consommateur et en ignorant l’avantage préférentiel du produit national”.

 

 Le SYNAGRI s’indigne

De son côté, le Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI) a dénoncé, vendredi, la poursuite de la politique de destruction des filières agricoles adoptée par le ministère du Commerce et l’importation de trois mille tonnes de pommes de terre d’Egypte.

Il a indiqué dans un communiqué rendu public, que le coût des pommes de terre importé est estimé à 560 dollars la tonne soit 1680 millime le kilo, laquelle sera ensuite proposée à la vente à 770 millime le kilo, ce qui augemente les pertes de l’Etat.

Malgré les changements climatiques et les calamités naturelles, ainsi que l’endettement et la hausse des coûts de production et des prix des intrants comme les semences, l’agriculteur tunisien œuvre tant bien que mal à faire réussir la saison des pommes de terre, souligne le syndicat, regrettant le choix fait par le ministère de soutenir les produits étrangers.

Et d’ajouter que les solutions palliatives servant les intérêts politiques portent atteinte à la production à la source, mettant l’accent sur l’importance du rôle du groupement interprofessionnel dans la sauvegarde de la filière des pommes de terre. Le SYNAGRI a également appelé à la nécessité de stopper l’hémorragie des importations et d’assurer la pérennité du secteur.

 

“Un coup dur pour la filière”

Le recours du ministère du Commerce à l’importation des pommes de terre est “un coup dur” pour la filière, d’autant plus que la Tunisie est en période de pleine production avec des estimations qui laissent présager de bonnes récoltes, en plus de l’existence d’un stock de régulation, a indiqué l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP).


L’organisation agricole a souligné, dans un communiqué, que les agriculteurs ont essayé de faire réussir la saison des pommes de terre, en dépit des difficultés auxquelles ils étaient confrontés, résultant de la hausse excessive du coût de production, notamment des prix des semences (le coût de la plantation d’un hectare de pommes de terre oscille entre 9 et 10 mille dinars).

L’UTAP a mis en garde contre les graves répercussions d’une telle mesure sur l’avenir du secteur de la production de pommes de terre en Tunisie, précisant que “le ministère du Commerce continue de soutenir l’agriculteur étranger et de gaspiller les devises”.

Le coût d’un kilogramme de pommes de terre importées est de 1,6 dinar et est vendu sur le marché à 0,775 D/ kg.


L’UTAP a affirmé, par ailleurs, que les pommes de terre importées peuvent nuire à la santé du consommateur, en absence de contrôle des quantités importées, à l’instar de ce qui s’est passé durant la saison précédente. 

  

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