MAROC
18/04/2018 15h:01 CET | Actualisé 19/04/2018 12h:38 CET

Fuite des cerveaux: 91% des Marocains veulent partir travailler à l'étranger

Mais 74% de ceux qui y sont installés espèrent revenir un jour.

izusek via Getty Images

SOCIETE - Qui sont les Marocains diplômés qui quittent le royaume pour migrer à l’étranger? Pour quelles raisons les jeunes talents choisissent de partir? Comment retenir et fidéliser les cerveaux marocains ? Autant de questions auxquelles a tenté de répondre ReKrute, le portail marocain pour l’emploi, à travers une enquête menée auprès de 1.882 personnes dont la moyenne d’âge est de 35 ans, avec des profils Bac+3 ou plus. 

Entre autres chiffres marquants, on y apprend que 91% des Marocains souhaitent travailler à l’étranger. Un nombre conséquent qui illustre une réalité: les cerveaux marocains fuient le pays pour prétendre à une meilleure carrière sous d’autres cieux. “Il semblerait que les entreprises marocaines n’engagent pas les efforts nécessaires pour retenir et fidéliser les talents marocains”,  souligne ReKrute dans son enquête. 

Diverses motivations expliqueraient cette exode, principalement vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Pour les moins de 35 ans, l’évolution de carrière (66%) passe avant tout, suivie de la qualité de vie (56%) et de l’environnement de travail. Si pour les jeunes actifs, la réussite professionnelle est une priorité, les profils plus expérimentés et séniors font davantage part du facteur “qualité de vie” pour expliquer leurs envies de départ. 

Destination souhaitée? Le Canada pour 37% des Marocains actifs qui rêvent de partir à l’étranger. “Le Canada est toujours dans le top 3 des pays les plus attractifs dans les classements mondiaux, il se démarque d’ailleurs des autres pays comme la France, qui a perdu en attractivité ces dernières années et se retrouve en 2e place”, relève ReKrute. 

Des envies de départ mais aussi de retour. 74% des MRE espèrent ainsi revenir un jour. L’enquête précise ainsi que près des trois quarts des marocains habitant à l’étranger pensent rentrer au Maroc pour contribuer au développement du pays, en y investissant ou y apportant leur expertise. Toutefois, le retour au pays est souvent accompagné de craintes pour les MRE qui redoutent de retrouver un environnement de travail peu stimulant et un management des entreprises qui freineraient leur carrière.

Enfin, plus de la moitié des interrogés ne souhaitent pas rentrer au Maroc, non pas à cause de la conjoncture économique du pays ou du niveau des salaires, mais des pressions sociales qu’ils pourraient subir au quotidien. 

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