MAROC
13/07/2018 22h:06 CET

France: Un Marocain soupçonné d'avoir tué quatre membres de sa famille, dont sa femme et son fils, avant de se donner la mort

Le suspect n’avait aucun antécédent judiciaire ou médical.

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MEURTRE - C’est un drame glaçant qui s’est déroulé cette semaine dans le sud de la France. Badr Hraichete, un Marocain âgé de 32 ans, aurait assassiné son épouse, son beau-père, la compagne de ce dernier et son fils de deux ans, avant de se donner la mort, rapporte le journal français La Dépêche.

Les faits se sont produits dans la ville de Pau, aux premières heures du mardi 10 juillet dernier. Dans l’appartement familial, où son épouse, Manuela Morales Peres, d’origine espagnole, était de retour après s’être réfugiée quelques jours chez une collègue, les secours alertés par un incendie découvrent une scène de crime inouïe, vers 6h40 du matin. 

“L’enquête s’est rapidement orientée vers un drame conjugal. Badr Hraichete n’aurait pas supporté l’annonce de son épouse de le quitter”, rapporte le journal régional Sud Ouest. Badr Hraichete aurait tué son beau-père et la compagne de ce dernier à coups de marteau et noyé son épouse dans la baignoire après l’avoir bâillonnée. Son fils de deux ans sera retrouvé sans vie, les autorités suspectant que l’enfant ait été asphyxié par la fumée de l’incendie dans l’appartement.

Une version que confirme ce vendredi 13 juillet le rapport de l’autopsie. “La magistrate confirme que quatre des cinq victimes sont mortes asphyxiées par les fumées”, indique ainsi Sud Ouest, précisant que “le principal suspect Badr Hraichete avait allumé trois feux dans l’appartement avant de s’ouvrir les veines”, que son épouse “a été noyée dans la baignoire”, tandis que son beau-père, José Morales Real, et sa compagne, Dolores Raina, “avaient le crâne fracassé”. “L’enfant de deux ans du couple, Joseph, ne portait, lui, aucune trace de coup”, ajoute le journal.  

Des signes de violences conjugales

La Dépêche rapporte que la jeune femme, Manuela, était professeure d’espagnol dans un collège de la banlieue de Pau. Le couple, qui s’était rencontré en Espagne, s’est marié en 2006 avant de se rendre en France, où la jeune mariée poursuivait ses études pour pouvoir enseigner.

Si Badr, au chômage depuis plusieurs années selon La Dépêchen’avait aucun antécédent judiciaire ou médical, la victime avait “déposé une main courante contre son mari pour violences” quelques jours avant le drame, rapporte la presse locale.

La presse espagnole affirme que Manuela, qui craignait que son époux ne fuit au Maroc avec son fils, envisageait de repartir en Espagne avec son père. Selon France Bleue Béarn, la jeune femme avait rendez-vous le jour du meurtre avec une avocate pour entamer une procédure de divorce. Le journal Sud-Ouest rapporte de son côté que les voisins affirment que des “disputes violentes étaient fréquentes dans le couple”. Le même voisinage décrit le suspect “comme un homme discret face au caractère bien trempé de sa compagne espagnole”, poursuit le journal.  

Un fait-divers d’une extrême violence qui a choqué les habitants de la ville de Pau, mais aussi ceux de Pilas, village d’origine de la victime, à proximité de Séville, où trois jours de deuil ont été décrétés par le Maire de la ville, comme le rapporte EFE. L’affaire retentit alors que l’Espagne est depuis plusieurs mois secouée par un débat sur les violences physiques et sexuelles faites aux femmes.