TUNISIE
10/10/2019 10h:34 CET

France - Signes de radicalité : Les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner font polémique

Le ministre de l'Intérieur français a réagi au "#Signaleunmusulman" qui ironise sur la demande de "signalements" du ministre de l'Intérieur en cas de radicalisation.

STEPHANE DE SAKUTIN via Getty Images
Devant la commission des Lois du Sénat, Christophe Castaner a dit "mépriser" les blagues sur les signes de radicalité.

POLITIQUE - Les grands oraux continuent pour le ministre français de l’Intérieur. Très contesté par une partie de la droite après l’attaque de la préfecture qui a fait quatre morts le 3 octobre dernier, Christophe Castaner était devant les sénateurs de la commission des Lois ce jeudi 10 octobre.

Dès le début de l’audition, le ministre est revenu sur le mot-clé ”#SignaleUnMusulman” qui circule sur les réseaux sociaux en réponse, notamment, à ses propos devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale, mardi 8 octobre.

“Le port de la barbe, une pratique religieuse rigoriste...”

Au cours de celle-ci, Christophe Castaner avait fait la liste des “signaux” qui devaient selon lui alerter les fonctionnaires d’une possible radicalisation d’un de leur collègue et conduire ceux-ci à un “signalement”.

“Une pratique religieuse rigoriste, particulièrement exacerbée en matière de ramadan (...), un changement de comportement dans l’entourage, le port de la barbe, qu’il fasse la bise ou qu’il ne la fasse plus (...) Est-ce que l’individu accepte de faire équipe avec une femme ou pas ?” avait listé le ministre.

Ses propos ont déclenché sur les réseaux sociaux des réactions mi-outrées, mi-humoristiques, comme celle-ci qui ironise sur la barbe du ministre et celle d’Edouard Philippe: 

L’un des députés de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, M’Jid El Guerrab, élu des Français de l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest) avait lui aussi fait la remarque au ministre, pendant son audition. “Cet argument de la barbe peut-être problématique, d’ailleurs je constate que vous avez une barbe vous-même, si vous étiez musulman j’espère que vous ne seriez pas signalé”.

“L’humour, je trouve ça méprisable”

Des “blagues” qui n’ont pas fait rire le locataire de la place Beauvau. Ce jeudi matin, devant les sénateurs, il y a répondu: “Certains ont glosé, d’autres ont fait de l’humour, je trouve ça méprisable”, a déclaré Christophe Castaner.

“J’en appelle à l’ensemble de nos fonctionnaires de police à être des acteurs du signalement”, a poursuivi le ministre qui avait pris le soin de préciser, juste avant: “Chacun ici sait que personne ne fait de lien entre la religion musulmane et le terrorisme ni même entre la religion musulmane, la radicalisation et le terrorisme. Mais cela peut arriver, et le nier, ce serait mentir aux Français”.

Le ministre de l’Intérieur a répété ce jeudi “les signes d’une radicalisation” qui, selon lui, doivent déclencher un signalement. “Il y a le port de la barbe, le refus de serrer la main à une femme, l’hyperkératose, ou tabaa (épaississement de la peau sur le front dû au frottement du tapis pendant la prière, NDLR)”. “À partir de ces éléments-là, on doit pouvoir faire un signalement” a répété Christophe Castaner. “Ce n’est pas de la délation, c’est de la responsabilité” a-t-il insisté.

Son secrétaire d’État, Laurent Nunez est allé dans le même sens. “Le signalement est fondamental (...) Il va permettre de revisiter l’habilitation, de déclencher de nouvelles enquêtes”.

“Il faut qu’on s’éveille collectivement”

L’ancien patron de la DGSI a confié travailler sur la forme que prendraient ces signalements. “Peu importe la forme, il faut qu’ils soient pris en compte. Nous verrons ce que nous décidons après le rapport de l’instruction des services de renseignement. Le signalement oral doit être pris en compte, le signalement écrit est quand même beaucoup mieux”.

En fin d’audition, Christophe Castaner est revenu sur le mot-clé ”#SignaleUnMusulman”, assurant que cela ne le “touche pas personnellement”, mais que ”ça montre qu’il faut qu’on s’éveille collectivement”. Il a ensuite prévenu, le ton grave: “Notre société court un risque face à cet islam politique. J’assume de le dire”.

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