MAGHREB
24/04/2014 12h:30 CET | Actualisé 24/04/2014 12h:50 CET

Affaire Abdelattif Hammouchi: La France veut "dépasser" les tensions avec le Maroc

AFP
François Hollande sourit lors de la visite de Mohamed VI à l'Élysée

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, en visite au Maroc, a réaffirmé jeudi la volonté de la France de dépasser les tensions avec Rabat, alors que la coopération judiciaire entre les deux pays est suspendue depuis bientôt deux mois.

"La volonté du gouvernement, et ma présence en est une expression, c'est de dépasser ce qui a été considéré par la France de manière très claire comme un incident regrettable", a déclaré à l'AFP M. Le Foll, qui assistait en tant que ministre de l'Agriculture à un Salon international à Meknès (centre).

D'ordinaire bien huilée, la relation entre la France et le Maroc, deux proches alliés, a connu une brusque détérioration en février à la suite du dépôt de plaintes à Paris visant le patron du contre-espionnage marocain, Abdelattif Hammouchi, pour torture et complicité de torture.

Rabat s'est notamment montré furieuse de la venue, le 20 février, de sept policiers à la résidence de l'ambassadeur du Maroc pour notifier à M. Hammouchi (dont la présence à Paris avait été rapportée) une convocation d'un juge d'instruction.

Le Maroc avait reproché notamment aux autorités françaises d'avoir ignoré les canaux diplomatiques.

Malgré un échange téléphonique entre François Hollande et le roi Mohammed VI, le Maroc a dans la foulée suspendu tous ses accords de coopération judiciaire avec la France.

Si les visites de responsables français dans le royaume ont repris, cette mesure n'a toujours pas été levée.

Cela doit maintenant être dépassé, par la discussion (...), par cette amitié qui existe au-delà de cet incident, afin de retrouver toute la coopération qui doit être la nôtre, a fait valoir le ministre français

Fin Fevrier, des milliers de personnes avaient manifesté devant l'ambassade de France à Rabat, avec des drapeaux marocains, des slogans patriotiques et des portraits du roi Mohammed VI, avait alors rapporté RFI.

Les échanges franco-marocains étant très denses, l'absence de coopération judiciaire peut poser, de toute évidence, des problèmes concrets aux ressortissants des deux pays, a admis Stéphane Le Foll. Cela doit se régler dans le cadre d'une volonté politique exprimée aujourd'hui de manière très claire, a-t-il répété.

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l'Union Européenne en froid avec le Maroc, premier partenaire commercial

Interrogé sur les tensions autour des modalités d'accès des fruits et légumes marocains au marché européen, M. Le Foll a précisé qu'une réunion était programmée vendredi 25 avril.

"Rabat est vent debout contre une décision de Bruxelles de modifier les conditions d'accès de certains produits extra-communautaires".

Il affirme que cela va entraîner un renchérissement de ses fruits et légumes sur le Vieux continent et une chute drastique des exportations.

"Je pense qu'on arrivera à un accord. Il faut que l'UE respecte ses engagements", a clamé mercredi M. Akhennouch, déplorant une décision unilatérale.

Bruxelles justifie la mesure par un souci de transparence et signale qu'elle s'appliquera uniformément à compter d'octobre à tous les fruits et légumes importés dans l'UE, de tous les pays du monde.

Le Maroc bénéficie depuis 2008 d'un statut avancé auprès de l'UE, qui est de loin son premier partenaire commercial.

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