MAROC
14/03/2019 17h:51 CET

France: La justice maintient les deux mises en examen de Tariq Ramadan pour viol

“C’est une bonne nouvelle que la parole des femmes en 2019 pèse plus lourd que ces mensonges considérables."

LeFigaro.fr

JUSTICE - La cour d’appel de Paris a rejeté, jeudi 14 mars, la demande de levée des deux mises en examen pour viol réclamée par l’islamologue suisse Tariq Ramadan, remis en liberté mi-novembre 2018. Comme annoncé depuis plusieurs mois par ses avocats, il avait finalement déposé, le 22 février dernier, trois séries de plaintes contre ses trois accusatrices françaises, pour “dénonciation calomnieuse” et “dénonciation d’une infraction imaginaire”. La chambre de l’instruction a confirmé la décision des juges qui avaient considéré l’été dernier cette requête “prématurée”, indique l’AFP.

Le théologien est mis en examen depuis le 2 février 2018 pour deux viols, dont un sur personne vulnérable commis le 9 octobre 2009 à Lyon sur une femme surnommée Christelle dans les médias et un, au printemps 2012 à Paris, sur Henda Ayari, une ancienne salafiste reconvertie en militante laïque. 

Alors qu’il niait farouchement tout rapport sexuel avec les deux plaignantes, Tariq Ramadan, 56 ans, avait finalement reconnu en octobre, après neuf mois de détention provisoire, des relations de domination “consenties”.

“Face aux mensonges et aux dénégations de M. Tariq Ramadan, la parole des plaignantes a pesé plus lourd” s’est félicité jeudi l’avocat de Christelle, Me Eric Morain, repris par l’AFP. “C’est une bonne nouvelle que la parole des femmes en 2019 pèse plus lourd que ces mensonges considérables”, a-t-il ajouté à la sortie de l’audience. “M. Ramadan a menti tout au long de cette instruction, sa défense a bluffé et le dossier a parlé. Aujourd’hui, l’instruction continue et c’est une très très grande satisfaction”, a conclu Me Morain.

Du côté de la défense, cette décision de la justice n’est pas bien accueillie: “La décision de la cour d’appel, dont on ne connaît pas encore la motivation, n’efface pas les mensonges démontrés des parties civiles, puisque les investigations ont démontré que les relations [que les plaignantes] ont eues avec M. Ramadan étaient voulues et pleinement consenties”, a réagi auprès de l’AFP Me Emmanuel Marsigny, avocat de Tariq Ramadan. 

Dès l’été dernier, le mis en examen avait demandé aux juges d’instruction de le placer sous le statut intermédiaire de témoin assisté, une première étape vers le non-lieu qu’il réclame. Recours “prématuré” lui avaient répondu les trois magistrats, rappelle l’agence de presse française. A l’époque, l’intellectuel niait encore tout rapport physique avec les plaignantes et avait seulement fini par admettre des relations extraconjugales avec d’anciennes maîtresses et une troisième plaignante. Pour cette dernière relation, il n’est pas mis en examen.

Depuis leur plainte, en octobre 2017, Henda Ayari et Christelle ont décrit chacune un premier rendez-vous qui a basculé dans rapports sexuels brutaux et contraints. Elles ont également toute deux invoqué l’emprise exercée par l’islamologue, par des mensonges, des manipulations et des menaces, corroborées par des témoignages d’autres femmes.