11/03/2019 13h:29 CET | Actualisé 11/03/2019 13h:29 CET

France: Des travailleurs agricoles marocains dénoncent leurs conditions de travail

Qu'ils qualifient d'"esclavage".

AFP VIA GETTY IMAGES

EMPLOI - C’est la deuxième fois qu’ils se retrouvent devant le conseil des Prud’hommes. Cinq Marocains, travailleurs agricoles détachés âgés entre 36 à 48 ans, ont dénoncé “l’esclavage” dont ils étaient victimes par leurs employeurs en octobre dernier. Aujourd’hui, ils devraient connaître la décision de la justice que le tribunal avait mis en délibéré

Sous-payés, exploités, licenciés sans motifs valables. Les cinq Marocains engagés dans la procédure ont été envoyés en France par une société d’intérim espagnole, Laboral Terra (Catalogne). Ils ont décidé de porter plainte contre cette dernière pour ne pas avoir respecter le Code du travail français mais aussi contre 8 des entreprises qui ont profité de la main d’oeuvre, toutes “spécialisées dans le conditionnement de fruits et légumes et situées dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Gard, dans lesquelles ils ont effectué des missions entre 2012 et 2017”, rappelait l’AFP à l’ouverture de l’audience.

“Certains mois d’été, on a travaillé 260 heures, puis d’autres mois, plus du tout et notre contrat s’arrêtait sans préavis”, racontait l’une des victimes aux journalistes, Yasmine. Elle gagnait entre “300 et 1.500 euros les mois les plus remplis”. “Yasmine fait aussi état de ‘harcèlement sexuel’ et ‘d’attouchements’”, ajoute Le Figaro.

Leur avocat a demandé, en octobre dernier, une requalification de leur contrat de travail en contrat à durée indéterminée (CDI), le versement de 13.800 euros de rappels sur salaires, 37.000 euros d’indemnités et 6.500 euros de dommages et intérêts pour “marchandage” et “prêt illicite de main d’oeuvre”. De son côté, l’agence d’intérim nie les faits et la qualification “d’esclavage”. Le verdict devrait être connu aujourd’hui. 

En mai dernier, l’enquête “Les Invisibles - Une enquête en Corse” révélait les conditions de travail des travailleurs agricoles marocains sur l’Île de beauté. Il mettait en lumière l’esclavage moderne et l’exploitation dont ces Marocains étaient victimes. Les employeurs n’avaient jamais été inquiétés par la justice française.