MAROC
06/02/2019 10h:26 CET

France: Baisse de plus de 15% du nombre de préinscriptions en licence des étudiants marocains

Les étudiants algériens et tunisiens boudent également les universités françaises.

Nikola Spasic / EyeEm via Getty Images

ÉTUDES - Le nombre de préinscriptions en licence introduites par les étudiants hors-UE auprès des universités françaises a enregistré une baisse de 10% pour la rentrée prochaine, a annoncé ce 5 février Campus France, organisme public chargé de promouvoir le système d’enseignement supérieur français à l’étranger. Le Maroc, lui, connaît une baisse de plus de 15%.

La date limite pour l’accomplissement de la procédure de préinscription avait été fixée au 1er février pour les étudiants étrangers issus de la majorité des pays (au nombre de 42) relevant de la plateforme gérée par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Des chiffres provisoires 2019 révélés par Campus France font état du dépôt de 28.294 dossiers, soit 10% de moins qu’à la même période de l’an dernier. 

Cette baisse intervient dans un contexte marqué par la décision annoncée en novembre dernier par le gouvernement français d’augmenter les frais d’inscription pour les étudiants hors-UE, qui passent de 170 à 2.770 euros en licence, et de 243 à 3.770 euros en master (le même montant en doctorat) pour la rentrée 2019.

Tout en décrétant cette augmentation, l’exécutif français a assuré vouloir attirer davantage d’étudiants internationaux en améliorant la politique des visas et en offrant davantage de bourses, notamment à ceux venus du Maghreb et de l’Afrique francophone.

Baisse au Maroc, augmentation dans d’autres pays

La hausse des frais d’inscription n’a pas empêché de relever une progression des demandes de préinscription émanant de certains pays comme le Sénégal (+11,34%), le Mali (+5,66%), le Bénin (+8,21%), la Russie (+8,95%) et la Chine (+8,62%). A l’opposé, d’autres pays enregistrent une baisse sensible des demandes comme l’Algérie (-22,95%), le Vietnam (-19,72%), la Tunisie (-16,18%), le Maroc (-15,5%), la Côte d’Ivoire (-10,39%) et la Turquie (-6,62%).

Plusieurs universités françaises, dont Clermont-Auvergne et Lumière Lyon 2, ont annoncé récemment leur refus d’appliquer la hausse controversée des frais d’inscription pour les étudiants hors-UE. Elles ont ainsi exprimé leur intention d’exonérer à la rentrée universitaire 2019/2020 l’ensemble des étudiants étrangers de ces frais complémentaires et de leur appliquer uniquement les droits en vigueur pour l’ensemble des étudiants français.

“Si l’amélioration de l’accueil des étudiants étrangers est évidemment une nécessité”, avait souligné notamment l’université Lumière Lyon 2, l’augmentation des droits d’inscription “ne paraît ni pertinente, ni juste car elle concerne des étudiants parmi les plus fragiles et bat en brèche le principe d’égalité de traitement entre usagers du service public”, a-t-elle estimé.

Dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche (JDD), de nombreuses personnalités ont exhorté le gouvernement français à revenir sur sa décision d’augmenter les droits d’inscription pour les étudiants non communautaires. “A y regarder de plus près, c’est un mur de l’argent que le gouvernement est en train de construire contre les étudiants étrangers”, avaient-elles dénoncé.