ALGÉRIE
27/09/2014 15h:28 CET | Actualisé 27/09/2014 18h:01 CET

Signes d'inquiétude française sur les destinations Algérie et... Maghreb

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Photo d'Alger sur la page Facebook de l'ambassade de France

Le conseil à la "plus grande vigilance" adressé aux français se trouvant ou se rendant dans 40 pays dont l'Algérie et les autres pays du Maghreb, délivré par le gouvernement français inquiète les voyagistes français. La plupart des opérateurs français présents en Algérie qui ont une idée précise de la situation sécuritaire ne donnent aucun signe de désengagement... mais les signes de nervosité ne manquent pas.

Les journalistes algériens ont ainsi reçu, ce samedi, un courriel dans lequel l’entreprise Epson France décommande une conférence de presse prévue le lundi 29 septembre à Alger pour présenter sa dernière solution technologique de vidéo-projection pour le secteur de l’éducation.

"Suite aux derniers évènements survenus en Algérie, nous avons le regret de vous informer que la conférence de presse a été reportée à une date ultérieure pour des raisons de sécurité imposées" indique le courriel accompagné "d’excuses " pour un "contretemps" indépendant de "notre volonté".

"Epson France annule une conférence de presse qui devait avoir lieu lundi prochain dans un coin perdu sur les "hauteurs" du Hilton d’Alger !" a persiflé un journaliste algérien à la lecture du courriel en estimant que l'entreprise fait une lecture excessive des "raisons de sécurité imposées".

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"L’hôtel Hilton se situant dans une zone sécurisée de la capitale, la décision, prise après le macabre assassinat d’Hervé Gourdel, par un groupuscule, Jund Al-khilafa, se réclamant du Daech parait être une réaction extrême" a-t-il estimé.

Un autre signal est venu de Constantine, à l’occasion de l’ouverture jeudi du Festival national d’astronomie populaire, organisé par l’association Sirius à l’université de Constantine.

Le journal El Watan indique que "le président de la Société d’astronomie de France, Philipe Morel, a été le seul à participer en raison des mesures drastiques imposées à certaines personnalités scientifiques, auxquelles est interdit tout déplacement vers l’Algérie suite à l’assassinat d’Hervé Gourdel".

Le président de l’association Djamel Mimouni a révélé que le directeur de l’Observatoire de Lyon n’a pas été autorisé à se rendre à Constantine et plusieurs autres invités ne sont pas venus.

Le président de l’association Sirius a qualifié de ce fait la présence de Philippe Morel "d'acte héroïque ". Philipe Morel a indiqué avoir décidé de venir après avoir pris des renseignements auprès de l’ambassade et consulté des amis dont le président de l’association Sirius.

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La décision d’Epson France et les informations sur les défections de scientifiques pour la manifestation organisée par Sirius interviennent après la décision de Paris d’étendre de 30 à 40 pays le conseil à "la plus grande vigilance" adressé aux Français en début de semaine.

Les voyagistes français avaient déjà critiqué les mises en garde du gouvernement français en mettant en cause un manque de clarté.

Forte baisse des réservations vers le Maroc et la Tunisie

"La communication du ministère fait déteindre l'idée d'un risque sur un grand nombre de pays. Il faut notamment clarifier la situation sur la Tunisie, le Maroc ou l'Égypte. Si le ministère a des informations sur un vrai risque dans ces pays, il faut qu'on le sache. Sinon, il faut le dire aussi" a déclaré Jean-Pierre Mas, président des syndicats de voyage français.

Pour lui, avec la communication du gouvernement français, il existe "un risque d'amalgames" nuisible au tourisme. Ces annonces, ont indiqué les voyagistes français, ont eu une grosse incidence se traduisant, selon Jean-Pierre Mas, lors d’une conférence consacrée à la sécurité organisée sur le salon des professionnels du tourisme IFTM-Top Resa, par une "forte baisse des réservations vers le Maroc, la Tunisie et, dans une moindre mesure, la Turquie".

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Le directeur du centre de crise au Quai d’Orsay, Didier le Bret, est venu au salon Top-Resa pour tenter de rassurer. "Oui, on peut, on doit continuer d’aller au Maroc, en Tunisie, en Egypte", a-t’il indiqué en soulignant que ces pays ne sont pas devenus "interdits au tourisme" après la publication du conseil de vigilance

"On est très, très loin de vouloir faire passer un message de panique" a-t-il indiqué en encourageant les gens à voyager et à exercer leurs activités à l’étranger. Mais, a-t-il ajouté, "il faut le faire en étant bien informés".

Les touristes français "doivent prendre le temps de lire attentivement les conseils aux voyageurs en intégralité".

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