MAROC
22/01/2019 12h:42 CET | Actualisé 22/01/2019 13h:24 CET

Frame(d), la nouvelle web série documentaire de Jawjab qui veut "montrer le Maroc sous son vrai visage"

Le premier épisode met en lumière un "prisonnier-artiste".

WEB SERIE - “Montrer le Maroc sous son vrai visage, et non comme certains voudraient qu’il soit, ou se l’imaginent”. Avec sa nouvelle web série, “Frame(d)”, Jawjab continue sa plongée “au coeur de la réalité sociale du Maroc”. Après avoir donné la parole aux femmes dans “Marrokiates”, ou encore évoqué le tabou des règles dans “First Blood”, le studio créatif filiale d’Ali n’production s’est lancé dans une nouvelle aventure avec sa web-série documentaire “Frame(d)”.

“Comme c’est souvent le cas chez nous à Jawjab, il s’agit de libérer la parole, de raconter le Maroc de manière authentique”, résume Youssef Ziraoui, producteur de la série, dans un communiqué.

Aux manettes de ce nouveau projet, Cyril Castelliti, journaliste, et Meryem Ait Aghnia, vidéaste chez  Jawjab.

“Il y a 6 mois, je vivais dans l’archipel des Comores, quand Jawjab m’a contacté car ils voulaient réaliser une nouvelle série”, explique Cyril Castelliti au HuffPost Maroc. Un programme qui, comme l’explique ce dernier, a ”mobilisé toute l’équipe de Jawjab  à un degré ou un autre”.

“Le premier axe est de montrer le Maroc tel qu’il est, au delà du Maroc carte postale qu’on peut parfois présenter”, poursuit ce dernier. “Le Maroc est un pays en plein mouvement, au croisement entre une modernité de plus en plus visible et une tradition très ancrée”.

Cependant, le journaliste insiste: montrer le Maroc tel qu’il est ne veut pas dire en donner une mauvaise image. “Le Maroc tel qu’il est, c’est le Maroc tel qu’il évolue avec des personnes qui se posent de nouvelles questions, de nouvelles façons de comprendre les choix des gens”, explique Cyril Castelliti.

La prison sociétale

Pour son premier épisode, “Frame(d)” s’est tourné vers un sujet sociétal parfois tabou, le sort des prisonniers. À cette occasion, l’équipe de la web série est allée à la rencontre d’un condamné à la prison de Kénitra. Ce dernier y est détenu pour meurtre.

D’abord condamné à la peine de mort, sa sentence a été commuée à prison à vie avant d’être à nouveau réduite. Après avoir passé 23 ans en prison, il lui reste 6 ans à passer derrière les barreaux. Un prisonnier qui a trouvé comment échapper à son quotidien à travers l’art, notamment le dessin et la poésie:

“Ce qui m’a beaucoup intéressé c’est l’accusation sociale“, explique Cyril Castelliti. “On a voulu montrer le poids social et l’accusation sociale”, continue-t-il. “Le prisonnier du premier épisode a une peine limitée dans le temps. Mais au moment de sortir de prison, le poids social va se poursuivre. Ce qu’il dit en filigrane est que l’accusation sociale est plus forte que tout. En rencontrant différents profils, on a creusé cette thématique car ils étaient tous accusés socialement par leur différence”.

“Nous avons choisi des profils un peu spéciaux, que l’on ne voit pas chaque jour dans les médias”, explique de son côté Meryem Ait Aghnia au HuffPost Maroc.

Effacer le journaliste

Autre point important pour le jeune journaliste et Meryem Ait Aghnia: l’objectif était aussi d’effacer la présence journalistique au profit de la personne mise en avant par le sujet: ”j’ai voulu me mettre en retrait pour mettre en valeur la personne dans son discours dans ce qu’elle est. C’est la personne interviewée qui est à l’honneur et pas les personne qui font l’interview”, raconte Cyril Castelliti.

Pour Meryem Ait Aghnia, le langage du projet passe aussi par son montage mêlant plusieurs genres. “Le montage est fluide et puise son inspiration aussi bien dans les codes du cinéma traditionnel, que dans celui des reportages actuels. On retrouve aussi une grande influence des clips contemporains, souvent rap, lorsque la musique apporte une valeur ajoutée en termes d’ambiance”, explique cette dernière dans un communiqué.

Comme l’explique l’incubateur de talent, un nouveau sujet sera mis en ligne une semaine sur deux sur la plateforme Jawjab. “Au programme: des thèmes parfois jugés tabous, d’autres plus léger, mais toujours au coeur de la réalité sociale du Maroc, sans filtre”, concluent ces derniers.