MAROC
24/08/2019 12h:45 CET

Foxtrot, le "chien humanitaire", qui sensibilise au sort des Rohingyas

En 2017, la crise des Rohingyas faisait la une de l'actualité mondiale. Deux ans plus tard, ces réfugiés risquent de tomber dans l'oubli.

INTERNATIONAL - Comme de nombreux animaux, Foxtrot, un chien de moins d’un an, a son propre compte Instagram. Sur celui-ci, il est question de son histoire et de sa vie quotidienne... à Cox’s Bazar, l’un des plus grands camps de réfugiés Rohingyas du Bangladesh, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

En regardant les vidéos postées sur ce compte, on apprend que Foxtrot a été trouvé sur une plage, près de la station balnéaire de Cox’s Bazar, par des volontaires du Programme alimentaire mondial. Le tout jeune chiot est rapidement devenu une mascotte, aussi bien auprès des bénévoles que des réfugiés. C’est ainsi que l’idée de raconter l’histoire des Rohingyas à travers lui s’est imposée. 

Pour Gemma Snowdon, la porte-parole locale du Programme alimentaire mondial, Foxtrot est un moyen de toucher de nouvelles personnes sur les réseaux sociaux. “La situation du Rohingya peut être assez compliquée. Je pense que grâce à Foxtrot, l’histoire est simplifiée et plus facile à comprendre et les gens peuvent s’identifier”, explique la jeune néo-zélandaise. Avec près de 4900 abonnés, Foxtrot a encore du chemin à faire pour devenir un vrai influenceur et peser sur les décisions autour des Rohingyas. 

C’est surtout une manière de conserver les yeux du public sur la situation des réfugiés, qui s’entassent dans des camps bangladais, créant de nombreuses tensions aussi bien en Birmanie, leur pays d’origine, qu’au Bangladesh, où ils trouvent l’exil pour se protéger de l’armée birmane.

Quand des centaines de milliers de musulmans rohingyas, victimes d’exactions en Birmanie, ont fui pour se réfugier à partir de l’été 2017 au Bangladesh, les populations locales les ont souvent bien accueillies. Mais deux ans après l’afflux de réfugiés, l’hostilité grandit.

“Au départ, en tant que membres de la communauté musulmane, nous les avons aidés”, raconte Riazul Haque. Cet ouvrier qui habite dans le district de Cox’s Bazar a permis à une soixantaine de familles de s’établir sur un lopin de terre lui appartenant, pensant qu’elles allaient rester deux ou trois mois maximum. “Aujourd’hui, on a l’impression que les Rohingyas encore établis en Birmanie vont bientôt arriver au Bangladesh”, s’inquiète-t-il.