TUNISIE
19/06/2019 18h:04 CET

Forum de la Méditerranée: En quoi le Sommet des deux rives est-il différent?

Un pari audacieux qui vise à relancer et insuffler une dynamique renouvelée pour la Méditerranée.

James O'Neil via Getty Images

C’est à Tunis que le président français Emmanuel Macron a annoncé et lancé le projet du sommet des deux rives. Un projet ambitieux qui vise à relancer et insuffler une dynamique renouvelée pour la Méditerranée, et ce par la mise en œuvre de projets concrets en faveur du développement humain, économique et durable dans la région. Ce sommet se tiendra à Marseille les 23 et 24 juin 2019 en présence des différents dirigeants concernés dont la France et la Tunisie.

Depuis des années, une éventuelle coopération entre les deux rives de la Méditerranée offrant une réelle complémentarité et un échange beaucoup plus étroit entre les pays de la région revient dans les discour. Des dizaines de réunions ont été tenues, de multiples thèmes ont été abordés, des centaines de promesses ont été formulées... en vue d’une réalité euro-méditerranéennes unifiée. Mais, ces réflexions s’avèrent parfois être une utopie, souvent complexes et inabouties. Alors pourquoi relancer une telle initiative? En quoi ce sommet de deux rives est-il différent? 

Un format innovant

“Le format est extrêmement innovant” confie un membre de l’équipe diplomatique de la République française au HuffPost Tunisie. En visite à Tunis dans le cadre du dernier round préparatif avant le jour J, ce dernier estime à travers cette initiative offrir une nouvelle fenêtre de tir pour relancer une nouvelle dynamique dans la région. 

En effet, le Sommet des deux rives qui s’inscrit dans le cadre du Dialogue 5+5 Méditerranée réunit cinq États de la rive sud de la Méditerranée (la Mauritanie, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye) et cinq États de la rive nord (le Portugal, l’Espagne, la France, l’Italie et Malte). L’Union européenne, l’Allemagne, mais aussi les organisations pan-méditerranéennes et les principales organisations économiques internationales présentes dans la région sont associés à cette initiative. “Réunir sur la même table de dialogue les bailleurs de fonds, les organisations et les pays 5+5 est une initiative inédite” explique la source.  

Contrairement aux précédentes tentatives, le format de ce sommet, plutôt restreint, renforce les synergies entre les pays des deux rives. 

En fait, chaque État du dialogue 5+5 a suggéré 10 personnalités issues de la société civile, l’une d’entre elles dans chaque pays est désignée cheffe de file. Il s’agit de Wided Bouchamaoui pour la Tunisie et Patricia Ricard pour la France.

 

Ces personnalités qualifiées, appelées “les Cent”, se sont réunies les 11 et 12 juin à Tunis pour un exercice de synthèse en marge de leur “Assemblée”. Elles ont peaufiné les détails pour le grand jour à Marseille, précise la source. 

La société civile, la clé de voûte

Dans ce Sommet, la société civile est une “véritable force de proposition”. Elle joue un rôle clé pour la valorisation des projets et la concrétisation des actions qui pourraient toucher toute la zone méditerranéenne. 

En étant la locomotive de ce projet ambitieux, la société civile -et en particulier les jeunes- représente un trait d’union pour la définition d’un nouvel agenda positif pour la Méditerranée. 

Après avoir collecté, pensé et mijoté les idées, les représentants de société civile de la Méditerranée vont partager leurs propositions avec les dirigeants lors du Sommet à Marseille pour déterminer celles qui seront mises en œuvre de façon prioritaire.

Ces initiatives peuvent être de plusieurs sortes: totalement nouvelles, déjà existantes mais méritant d’être relancées, à caractère régional ou multilatéral...

Plus qu’une “boite à idées”

Contrairement aux autres initiatives menées pour dynamiser la région de la Méditerranée, le Sommet des deux rives débouche sur des projets concrets et avec un intérêt réel, et ce à un niveau bilatéral et multilatéral. “Ce n’est pas une sorte de ‘boite à idées’ qui se limite à rassembler les réflexions qui finissent le plus souvent dans les tiroirs, mais plutôt d’une initiative audacieuse qui se charge de piloter des projets sélectionnés”.

“Plus de 200 projets ont été évoqués” lance la source en soulignant qu’aucun d’eux ne sera mis de côté. 

“C’est à Marseille que les projets prioritaires seront dévoilés”, précise-t-elle.

Concrètement, les projets sélectionnés se définissent comme étant des initiatives avec une forte dimension symbolique et traduisant des valeurs communes et réciproques. Volonté, pragmatisme et simplicité sont les maître-mots qui découle du choix des projets à mettre en place, évoque-t-elle à demi-mot. 

Le sommet sera une sorte de vecteur ”à multiplier les projets réussis”. Autrement dit, les succès remportés ici et là se reproduiront ailleurs, à l’identique, et en engendreront d’autres, comme des vagues, comme des ondes, enfin, positives. Ce qui marche à Nice et Barcelone peut se répéter à Alger et Tunis.

“Il faut rappeler que ce sommet n’est pas parti d’une page blanche” souffle-t-elle. Le Sommet des deux rives vient, en effet, couronner les précédentes initiatives prises en ce sens, dans le but de les enrichir et ancrer des ambitions communes.  

Des thèmes parfaitement en accord avec l’actualité

“L’avenir de la Méditerranée doit passer par une réflexion commune” réplique-t-elle. 

Pour atteindre ses objectifs, le Sommet a décidé de mettre en lumière des thématiques clés à savoir: les énergies, la jeunesse, l’éducation, la mobilité, l’économie et la compétitivité, la culture, les médias, le tourisme, l’environnement et le développement durable.

Si cette initiative a choisi de ne pas se focaliser sur des sujets épineux comme les questions relatives au terrorisme, l’immigration ou l’extrémisme, c’est parce qu’il existe des “enceintes qui traitent déjà ces problématiques majeures”, explique la source.  

“Mais cela n’empêche pas que nous nous pencherons sur ces sujets lors des débats” renchéri-t-elle en soulignant que le rôle fondamental de ce Sommet c’est de définir avant tout “un agenda positif”.

Le Sommet des deux rives ne s’achèvera pas avec la réunion de Marseille qui se tiendra les 23 et 24 juin. Un programme de suivi sera mis en place pour accompagner l’évolution des projets avec l’ambition de redonner espoir à la région méditerranéenne -et particulièrement les jeunes- et rechercher un meilleur-vivre ensemble dans le respect des diversités.

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