MAROC
17/04/2019 14h:25 CET | Actualisé 17/04/2019 14h:28 CET

À Moscou, Nasser Bourita appelle la Russie à faire plus pour les pays arabes

La Russie appelée à soutenir les pays arabes.

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale/Facebook.

DIPLOMATIE - Le Maroc veut passer du dialogue au partenariat. C’est sur cette ambition qu’a portée l’allocution du chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, au 5e Forum de coopération arabo-russe qui s’est tenu hier dans la capitale russe, Moscou. Rappelant que cet événement a accompli dix ans d’existence, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a estimé qu’il était désormais temps de passer à une phase supérieure, celle d’entreprendre des initiatives communes. 

Pour Bourita, le contexte géopolitique impose une vision stratégique dans laquelle les efforts doivent se multiplier pour “parvenir à la paix, à la stabilité et au développement de nos peuples et notre région”. Et dans cet objectif, la Russie, pour les pays arabes, représente un soutien nécessaire, estime le ministre, au plan mondial sur différentes questions à commencer par la Palestine. Faisant le constat des dernières évolutions qu’a connues cette question récemment, Bourita a souligné l’importance de préserver les fondements stipulés dans la résolution des Nations unies par l’instauration d’un Etat palestinien souverain, indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale.

Autre crise où la Russie est appelée à jouer un rôle décisive: la Syrie. Le chef de la diplomatie marocaine a affirmé que la Fédération peut s’employer à mettre en oeuvre “les conditions favorables pour une solution politique adéquate”. Mais, dans cette crise, les pays arabes doivent surtout faire plus et mieux. Bourita a estimé urgent, pour ces pays, de jouer “un rôle plus efficace et à faire du retour de la Syrie à la Ligue arabe un coup de pouce dans le but de désamorcer la crise syrienne de manière à garantir à ce pays sa stabilité et son unité et en interagissant avec l’ensemble des composantes du peuple syrien”.

Dans son allocution partagée sur la page Facebook de son département, le ministre a également soulevé le problème libyen, exprimant la préoccupation que suscite la situation prévalant dans ce pays. “La Russie peut être un vecteur contribuant au retour des différentes parties libyennes au dialogue”, a-t-il insisté, réitérant l’attachement à une solution politique basée sur les principes de l’accord de Skhirat, “loin des solutions militaires et interventions étrangères stériles”. 

Aux yeux du ministre, ce forum a apporté aux deux parties des acquis non seulement politiques, mais aussi économiques, culturels et scientifiques appelés à se renforcer dans le cadre du programme de travail 2019-2021. 

Sur le plan bilatéral, Bourita a insisté sur l’importance des relations maroco-russes, rappelant que la visite royale en mars 2016 couronnée par la signature de plusieurs conventions leur a donné un nouveau souffle. “Cela a abouti à des résultats concrets ayant permis d’augmenter le volume des échanges commerciaux de 100% en 2018, par rapport à 2017”, s’est-il félicité, précisant que le Maroc représente l’un des trois premiers partenaires commerciaux de la Russie au sein des pays arabes. 

Fort de cette position, le Maroc a vu sa proposition d’abriter le prochain forum acceptée.