TUNISIE
25/06/2019 19h:09 CET

Forum africain de l'économie bleue 2019 : L’économie bleue face aux enjeux climatiques et environnementaux

Ridha Hajjaji via Getty Images

Le principal enjeu lié à l’économie bleue pour les pays africains et méditerranéens, serait de pouvoir maximiser les avantages économiques d’une telle activité, tout en relevant les défis environnementaux y afférents, tel est l’idée qui a recueilli l’unanimité des décideurs participant à la 2ème édition du Forum africain de l’économie bleue (Africa blue economy forum 2019) qui se tient à Tunis, les 25 et 26 juin 2019, sur le thème “Investir dans une croissance durable”.


Le ministre des affaires locales et de l’environnement, Mokhtar Hammami a estimé que ” l’économie bleue n’est autre que la déclinaison du concept du développement durable dans l’espace marin. De ce fait, les enjeux liés à l’économie bleue ne sont pas qu’économiques mais aussi climatiques, environnementaux et sécuritaires ”.


“La forte concentration urbaine et touristique sur le littoral en Tunisie, la surexploitation des ressources maritimes et les changements climatiques ont fortement contribué à la dégradation et à l’érosion du littoral, menaçant ainsi les écosystèmes, ce qui requiert plus que jamais l’appropriation d’une approche durable d’exploitation de cet espace ” a-t-il souligné.


A l’échelle nationale, Hammami a souligné l’importance d’orienter le modèle de développement économique vers l’économie de la mer, de favoriser l’innovation en la matière, en encourageant les projets portés par les jeunes compétences et de donner des marges de manœuvres suffisantes aux collectivités locales pour pouvoir concilier enjeux économiques et environnementaux.


A une échelle plus large, Hammami a considéré que “la régénération de la route de la soie initiée par la Chine, est génératrice d’opportunités économiques mais aussi de grandes nuisances sur le plan environnemental (pollution liée à l’activité économique et aux possibilités d’accidents maritimes).

L’enjeu serait de renforcer la concertation entre les pays concernés par cette initiative pour minimiser ces nuisances et préserver le patrimoine marin commun”.


De son côté, le ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Samir Taieb a rappelé que “65 % des agglomérations urbaines sont implantées sur le littoral tunisien et plus de 90 % des capacités hôtelières sont de caractère balnéaire. Une grande partie de l’industrie tunisienne est également, localisée sur cette frange littorale.

Les industries lourdes ainsi que les plus importantes centrales d’énergie sont, dans leur grande majorité, concentrées sur le littoral ou sur des lacs en communication avec la mer, avec des apports directs de pollution. Cet état de fait ne peut avoir que des impacts négatifs, en accentuant la fragilisation et la dégradation du littoral ”.


” Les changements climatiques et particulièrement les risques d’élévation accélérée du niveau de la mer, constitueraient dans l’avenir un grand risque supplémentaire pour un littoral déjà fragilisé et tant convoité ”.


Le ministre a, par ailleurs, souligné le poids économique et social des activités marines. Il s’agit notamment de ” la Pêche qui fait vivre directement ou indirectement près de 100 mille tunisiens, l’aquaculture confrontée à une ” raréfication ” des espèces et surtout à une demande croissante.

La production aquacole est passée de 3400 tonnes en 2007 à 22 000 tonnes en 2017, ce qui représente environ 16% de la production nationale de poissons.”


Il a aussi, rappelé que “98% des importations et exportations dépendent du transport maritime et qu’une part essentielle de l’activité du tourisme se fait sur la frange côtière qui accueille 90% de la capacité hôtelière du pays. En outre, le secteur de l’énergie sollicite aussi les eaux côtières et hauturières”.


Taieb a, en outre, évoqué ” les activités d’extraction des ressources marines qui sont peu développées et limitées à l’extraction de sels principalement autour de Sfax, Zarzis et Kerkennah (golfe de Gabès)”.


Mieux exploiter le potentiel économique de la mer, revient selon lui à “développer les partenariats publics privés pour accélérer le développement d’une économie bleue durable, préserver les activités et pratiques artisanales, soutenir le rôle crucial des femmes et des jeunes dans la chaîne de valeur dans les secteurs de la pêche et l’aquaculture, veiller à la protection et la gouvernance de l’espace marin”.


Pour sa part, la ministre ghanéenne de la pêche et de l’aquaculture, Elisabeth Naa Afoley Quaye a affirmé que les pays africains gagneraient à coordonner leurs politiques en matière d’économie bleue pour réussir à mettre en place les stratégies à même de relever les défis liés à l’économie bleue et optimiser la lutte contre les dangers qui guettent l’espace marin africain dont le plus sérieux serait , selon elle, la pollution due aux déchets plastiques jetés dans les mers et océans.

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