MAROC
27/03/2015 13h:28 CET | Actualisé 03/04/2015 07h:53 CET

Formation des imams étrangers: Le Maroc inaugure l'Institut Mohammed VI pour lutter contre les déviances extrémistes

torremountain/Flickr
Des imams

RELIGION - Dans sa stratégie visant à imposer un islam "du juste milieu" pour lutter contre les dérives extrémistes, le roi a inauguré, vendredi 27 mars à Rabat, l’Institut Mohammed VI de formation des imams.

Le nouvel établissement de formation scientifique, d’une capacité de 1.000 places et qui a mobilisé 230 millions de dirhams d’investissement, est destiné à accueillir des imams marocains et étrangers, des pays arabes, africains et européens.

"À la carte"

Plus de 400 étudiants étrangers résident actuellement à l’Institut, provenant du Mali, de Guinée Conakry, de Côte d’Ivoire, de Tunisie et de France. L’Institut doit dispenser des formations "à la carte", en fonction des origines des différents étudiants et des contextes des pays d’où ils viennent.

Dans la foulée de cette inauguration, l’Union des mosquées de France (UMF), a annoncé dans un communiqué qu’une cinquantaine d’imams français seraient formés chaque année dans le nouvel institut marocain, pour une durée d’au moins trois ans.

Le Maroc, "en prenant en charge la formation de futurs imams français, offre une opportunité inestimable aux musulmans de France", écrit l’UMF dans son communiqué.

L'islam marocain s'exporte

L’exportation du "modèle marocain" en matière de formation des imams est l’un des objectifs phares de la politique religieuse du royaume qui forme, depuis 2013, une centaine d’imams maliens, à la demande du président Ibrahim Boubacar Keita.

L’expérience malienne a séduit d’autres pays qui ont, à leur tour, soumis au ministère des Habous et des Affaires islamiques une demande de formation de leurs imams.

Le roi avait déjà mis en avant, dans son discours du Trône du 30 juillet 2013, "la souplesse" et "l’ouverture sur la réalité" du rite malékite marocain.

"La religion islamique a besoin d'être protégée de ceux qui prétendent détenir le savoir religieux, des extrémistes et des ignorants", a souligné pour sa part le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, lors de l’inauguration du nouvel institut.

Avec environ 1.500 ressortissants ayant rejoint les rangs du groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, le Maroc fait partie des pays les plus touchés par le "fléau jihadiste".

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