MAROC
10/12/2016 07h:10 CET | Actualisé 10/12/2016 07h:12 CET

D'ici 2050, 22% de la flore pourrait disparaître au Maroc à cause du réchauffement climatique

Rafael Marchante / Reuters
A man cuts a palm in the Todra oasis, near Tinerhir March 9, 2009. When some Moroccan rivers start to dry out in the north of the Sahara desert they create spectacular oases. Huge palm trees grow around the water, and the Berbers cultivate the surrounding land through channelled irrigation systems. REUTERS/Rafael Marchante (MOROCCO SOCIETY TRAVEL)

ENVIRONNEMENT - Le réchauffement planétaire a des conséquences sur toutes les composantes de la biodiversité. Au Maroc, si rien n'est fait pour lutter contre le changement climatique, près de 22% de la flore pourrait disparaître à l'horizon 2050.

Ce sont les conclusions d'un rapport de l'Institut royal des études stratégiques (IRES) sur les enjeux planétaires de la biosphère. Plusieurs espèces d’oiseaux et de mammifères pourraient également disparaître à cause de la sécheresse, alors que 9% sont déjà quasiment menacées d’extinction, 7% sont vulnérables et 7% sont en danger ou en danger critique d’extinction.

Pénurie d'eau

La hausse des températures (+1°C environ selon les régions) et la baisse d’environ 20% à 50% des précipitation d’ici la fin du siècle aura également des conséquences sur les ressources en eau.

Alors que le Maroc se trouve déjà dans une situation de stress hydrique, avec l’équivalent de 600 m3/habitant par an, en 2050, sous la pression démographique et le changement climatique, le capital eau par personne pourrait chuter à moins de 500 m3 par an, selon le rapport.

"Le Maroc ferait face à une pénurie d’eau et, par conséquent, à des coûts de production et d’exploitation des ressources en eau qui seraient de plus en plus élevés", note l'IRES.

Près de la moitié des plages menacées

Autre conséquence du changement climatique: la hausse de la vulnérabilité des sols, notamment à cause des besoins croissants du secteur agricole. "Les sols souffrent déjà de la dégradation qui se manifeste, notamment, à travers la déforestation, les défrichements et les changements du couvert végétal", relève le rapport.

En 2050, la dégradation des sols pourrait ainsi réduire la surface agricole utile par habitant à 0,15 hectare contre 0,24 actuellement.

Les réserves halieutiques sont aussi menacées, alors que les stocks de poissons connaissent déjà une dégradation due notamment à la mauvaise gestion de l’espace côtier, aux rejets polluants dans les mers et à la surexploitation des ressources halieutiques.

L'élévation du niveau des mers pourrait enfin entraîner, d’ici 2050, la submersion des côtes basses, et une érosion côtière qui pourrait emporter près de la moitié de la superficie des plages marocaines, et jusqu'à 72% à l’horizon 2100.

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