TUNISIE
05/11/2018 17h:15 CET

Fitch Solutions prévoit une aggravation de l'instabilité politique en Tunisie à l'approche des élections

Plusieurs facteurs y contribueraient.

Getty Editorial

Fitch Solutions vient de publier un papier d’analyse de la situation politique en Tunisie, dans lequel la fondation prévoit une dégradation de cette dernière à l’approche des élections législatives et présidentielle de 2019.

La Tunisie étant une jeune démocratie, voire balbutiante, Fitch Solutions estime que le risque de l’instabilité politique, surtout lors de grandes manifestations électorales, est toujours considérable.

Alors que la révolution tunisienne est la seule qui a donné naissance à un régime démocratique parmi les révolutions arabes, ceci braquera davantage l’attention internationale sur les prochaines élections, une attention appréciative qui, selon Fitch Solutions, évaluera soit la bien portance de la démocratie tunisienne, ou alors la dégradation et le retour vers un régime autoritaire.

Les facteurs de l’instabilité

Se basant sur un histogramme d’évolution de l’indice du risque politique à court terme, le Short-Term Political Risk Index Score, qui est passé de 61,5 sur 100 à 56,9 pour la TunisieFitch Solutions traduit ce recul par plusieurs facteurs qui contribueraient à exacerber cette instabilité.

Parmi ces facteurs, la fondation cite la rivalité entre le président de la République, Béji Caid Essebsi, et le chef du Gouvernement, Youssef Chahed.

À ce sujet, Fitch Solutions estime que la rivalité émane de la volonté du président de mettre en avant son fils et directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caid Essebsi, alors que le chef du Gouvernement, représentant d’une jeunesse politique, jouit d’une bien plus grande popularité que Hafedh Caid Essebsi.

Cette rivalité qui a conduit le pouvoir à une impasse, a selon la même source, poussé Hafedh Caid Essebsi à geler l’adhésion de Youssef Chahed à Nidaa Tounes, poussant ce dernier à chercher le soutien auprès du parti d’Ennahdha.

Fitch Solutions parle dans son analyse d’une volatilité politique suite à la rupture du consensus Ennahdha-Nidaa Tounes, et la récente alliance de Nidaa Tounes avec l’Union Patriotique Libre (UPL), qui lui a finalement valu 53 sièges au parlement. 

Ces changements récurrents qui ont mené à ce que la fondation qualifie de “volatilité politique”, constitueraient un frein aux réformes. Selon les analystes, la tâche de réformer le secteur public et réduire les dépenses, est en soi ardue même en temps de stabilité politique. Ceci rend la mission encore plus difficile pour la Tunisie qui doit se conformer aux exigences du Fonds Monétaire International pour sortir de la crise économique, tout en arrivant à gérer les défis politiques présents.

Selon Fitch Solutions, Ennahdha serait le parti le plus à même de revenir en force lors des prochaines élections législatives, surtout si les divisions au sein de Nidaa Tounes continuent. La fondation estime par ailleurs que le report des élections, comme l’avait réclamé certains partis, ne ferait qu’augmenter la frustration et la colère des Tunisiens.

Revenant sur l’attentat perpétré le 29 octobre dernier à l’avenue Habib Bourguiba, Fitch Solutions considère que cela pourrait avoir un impact négatif sur la situation politique qui pourrait finir par un vide, menaçant la situation sécuritaire du pays. 

Le recul du Short-Term Political Risk Index Score établi par Fitch Solutions est selon la fondation dû à lutte au pouvoir qui s’intensifie au sein de Nidaa Tounes, en plus de la fin de son consensus avec Ennahdha.

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