ALGÉRIE
09/09/2018 14h:03 CET | Actualisé 09/09/2018 15h:52 CET

Financement des RCB: les organisateurs dénoncent un "tissu de mensonges" et répliquent

Facebook/associationprojectheurts

Réagissant à un article paru samedi 08 septembre sur le site d’informations “DIA” (Dernières infos d’Algérie) de Salim Aggar, l’association “Project’heurts”, organisatrice des Rencontre cinématographiques de Béjaïa (RCB), a démenti être “totalement financé” par l’Institut Français d’Algérie.

Dans un communiqué de presse, les RCB ont répondu à un article, qui de leur avis, “a pour but de faire diversion”. Qualifié de “tissu de mensonges”, cet article tente également de justifier la censure du film “Fragments de rêve” par le fait qu’une partie du festival est financée par l’ambassade de France. 

Pour rappel, le film “Fragment de rêve” n’a pas eu le visa culturel pour sa projection à la clôture des Rencontres cinématographiques de Bejaia. Face à cette censure, les organisateurs ont décidé de suspendre le festival tant que la commission n’a pas justifié cette interdiction.

Dans un courrier adressé au ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, les organisateurs des RCB ont exigé des informations sur cette censure et les noms des membres de la commission.

Hier, un journaliste d’El-Khabar a justement dévoilé la liste des noms des personnes qui constituent cette commission et qui ont voté à unanimité contre la censure du film “Fragment de rêve” de Bahia Bencheikh El Feggoun.

Parmi eux le journaliste et propriétaire du site “DIA”, Salim Aggar. Cette annonce crée l’émoi sur les réseaux sociaux. De nombreux journalistes accusent Salim Aggar de “censeur”.

Un article non signé sur le site “Dia”, qui dévoilait également les noms de la commission, tentait de justifier les raisons de cette censure, de l’avis des RCB.

L’auteur de cet écrit  affirme que “ce mini-festival est totalement financé par l’Institut français d’Algérie (IFA) à travers son service de soutien audiovisuel. Les RCB bénéficient de billets d’avion entre Paris et Alger, d’un financement en euros et surtout font participer l’IFA au choix des œuvres qui sont pour la plupart des films produits ou co-produits par la France.”

Les responsables des RCB ont tenu à répondre à chacune de ces allégations,  estimant que cet article “tente de faire diversion quant au vrai problème que soulèvent les RCB, à savoir : l’opacité de la commission de visionnage chargée d’octroyer les visas culturels”.

Ils répondent à chacune des affirmations formulées dans cet article en commençant par donner les noms des sponsors et les montants.

“Le financement des Rencontres est assuré à 80% par des fonds publics : le premier soutien financier des RCB est l’APC de Bejaia à hauteur de 4 000 000 DA, viennent ensuite l’APW de Bejaia 590 000 DA, l’ONDA 600 000 DA et l’EPB 300 000 DA. D’autres partenaires participent aussi en facilitant l’accès aux structures ou encore en consentant des réductions sur leurs prestations comme l’accès gratuit à la cinémathèque et au théâtre de Bejaia. L’ambassade de France, à travers l’Institut Français d’Algérie, est effectivement partenaire des Rencontres Cinématographiques de Bejaia sa participation financière est à hauteur de 1 300 000 DA, ce qui représente 1/6 du budget global des seizièmes RCB”, peut-on lire sur le communiqué.

 Concernant les billets d’avion gratuits entre Alger et Paris dont bénéficie les participants au festival, les organisateurs considèrent que c’est “une autre contre vérité confondante dont la probité est à vérifier auprès de notre partenaire le Touring Voyage d’Algérie, mais également auprès de nos invités qui peuvent bien attester de la provenance de leurs billets”.

Ils ajoutent que “les comptes de l’association sont annuellement certifiés par un commissaire aux comptes comme la stipule la loi”.

L’article de “DIA” remet également en cause la programmation du festival en affirmant que “les films produits à Bejaia notamment amazighs et les films algériens financés par le ministère de la Culture sont totalement écartés des RCB”.

À cette autre accusation, les organisateurs des RCB souligné que “l’identité amazighe est consacrée par la loi suprême du pays, à savoir la Constitution, il est alors clair et évident pour nous que tout film algérien est un film amazigh. Mais s’il s’agit de parler de films amazighophone, quid des films de Mohamed Yargui, d’Omar Belkacemi d’Aksil Imula ou encore de Djamila Sahraoui (et les arbres poussent en Kabylie) passaient aux rencontres. Quid du film d’ouverture de cette année des figues en avril, du court métrage les courgettes de la résistance ou encore le film marocain Pastoral électrique ?”

Et à propos du “soi-disant boycottent des films algériens”, les organisateurs ontrappelé à juste titre le film algérien projeté lors de cette édition à savoir les films de Yasmine Chouikh, de Malek Bensmail, de Mustapha Zaoui, et bien évidemment celui de Bahia Bencheikh Elfegoun .

Sur les réseaux sociaux l’article de “Dia” a déclenché de vives réactions contre le propriétaire du site Salim Aggar.

Un groupe de soutien aux rencontres cinématographiques de Bejaia a été créé par les internautes.

Pour sa part, le ministre de la culture Azzedine Mihoubi a déclaré hier 08 septembre en marge d’une cérémonie en hommage à Mahmoud Derouiche au Palais de la Culture à Alger que cette interdiction est “purement professionnelle et non une censure”.

Il a indiqué que la commission de visionnage qui a visionné 22 films et émis des réserves quant à la projection de ce film, rendra public prochainement un communiqué pour justifier sa décision.

Cependant, l’article de DIA a déjà affirmé que les membres de cette commission ont voté à l’unanimité contre la diffusion de ce film car il “incite à l’opposition politique née du mouvement des révolution arabes de 2011 en Tunisie et en Egypte”.