MAROC
09/12/2014 09h:53 CET | Actualisé 09/12/2014 10h:45 CET

FIFM: Timbuktu, l'art face à l'extrémisme

Capture d'écran

CINÉMA - En marge du FIFM, le palais des congrès de Marrakech a accueilli ce 9 décembre au matin la projection du film Timbuktu (référence à la capitale du Mali), du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako.

Un long métrage poignant qui traite la question de la montée en puissance des djihadistes qui se sont accaparé le pouvoir dans certaines régions d’Afrique subsaharienne.

On vous raconte le pitch: Tombouctou tombe sous la domination des extrémistes religieux. Ils imposent la Charia, bannissent la musique, l’art, le football, les cigarettes, prennent en otage toute une population, persécutent les femmes et mettent en place des tribunaux improvisés qui condamnent à tout va.

Non loin de la ville, Kinane, un éleveur touareg, vit paisiblement avec sa femme et sa fille, épargné par le chaos qui sévit à Tombouctou. Une dispute qui se solde par un meurtre fera basculer la vie de Kinane et des siens. Surtout quand il devra faire face aux "nouvelles lois de ces occupants venant d’ailleurs".

Le choix de la ville de Tombouctou, au Mali, est symbolique: le réalisateur désire montrer comment une ville ouverte et tolérante peut facilement basculer dans les abîmes de l’extrémisme. Le cinéaste met en évidence le calvaire de la population locale qui est "prise en otage" par les djihadistes, les médias se concentrant généralement sur "les otages occidentaux enlevés dans cette partie du monde".

La particularité de ce film est qu’il fait tourner des acteurs amateurs, qui réussissent brillamment l’exercice du cinéma, plongeant le spectateur dans l’histoire où fiction et réalité se confondent. A partir d’un fait historique récent, le réalisateur a réussi à tisser une histoire émouvante et poétique qui dessine avec douceur et sérénité le destin tragique d’un homme, acceptant avec fatalité ce qui lui arrive.

Le film, distribué par la cinémathèque de Tanger, sort en salle dès le 11 décembre à Rabat, Tanger et Casablanca.

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