MAROC
04/12/2018 13h:06 CET

FIFM: On a vu "Roma" de Alfonso Cuaron, le favori des Oscars présenté à Marrakech

Un film produit par Netflix.

Indiewire

FESTIVAL - Ce 3 décembre, le palais des Congrès de Marrakech devait accueillir un hommage à l’actrice et productrice Robin Wright. En raison d’engagements professionnels de dernière minute, l’Américaine n’a pas pu venir. Le public n’a pas pour autant boudé son plaisir en assistant à une projection spéciale initialement prévue dans la foulée de l’hommage: le film “Roma” d’Alfonso Cuaron, salué par la critique et favori pour les prochains Oscars.

Une nouvelle fois, le réalisateur, scénariste et producteur mexicain a fait mouche. Après le succès de “Gravity”, 7 oscars au compteur en 2014, dont celui de Meilleur réalisateur, Alfonso Cuaron est sorti des codes  de la superproduction américaine avec “Roma”, un film en noir et blanc produit par Netflix. Le film, plus que salué par la critique, a reçu un Lion d’Or à la Mostra de Venise (Italie). La semaine dernière, il obtenait les grands honneurs du New York Film Critics Circle, le prix de la Critique à New York. Et il est grand favori pour les prochains Oscars. Si les nominations ne sont pas encore connues, les observateurs estiment cependant qu’il s’agira assurément de la première production en langue espagnole à être nominée.

Une histoire personnelle

Dans son nouveau long-métrage, un roman photographique mené par Alfonso Cuaron et qui s’inspire de sa propre histoire, le réalisateur nous emmène chez lui, dans un Mexique des années 70 et plus précisément dans le quartier Roma, à Mexico, qui donne son nom au film.

Cette lettre d’amour adressée à un quartier, à un mode de vie, aux femmes qui l’ont élevé dans son enfance, dans les années 70, n’est pas sans poser de questions. Ce n’est pas une révision édénique de son enfance. C’est une chronique urbaine dans laquelle Cuarón se situe à la première personne parce que c’est sa voix, à travers ses souvenirs d’enfance, qui oriente le destin de l’histoire”, soulignait El Periodico sans sa critique du film. Pour l’interpréter, Yalitza Aparicio, Marina de Tavira, Diego Cortina Autrey.

On y retrouve Cleo, la jeune femme de ménage d’une famille riche. Tout l’histoire tourne autour d’elle. Après l’abandon du domicile familial par le père de cette famille, Cleo doit endosser presque toutes les responsabilités de la maison. En même temps, elle est abandonnée par son petit-ami, après avoir découvert qu’elle était enceinte. Le décor de cette histoire: les troubles politiques et sociaux qui ont secoué le Mexique dans les années 70. L’émotion prime tout au long du film, d’une qualité technique indéniable.

Alors que Netflix le proposera le 14 décembre prochain sur sa plateforme, seulement quelques salles le propose à leur public. En Espagne, le film est ainsi boycotté et seules cinq salles ont accepté de le diffuser, renforçant le bras de fer entre le géant américain du streaming et le milieu du 7ème art. Mais un film de cette qualité doit-il quitter les salles obscures?