MAROC
04/12/2018 17h:04 CET | Actualisé 04/12/2018 18h:45 CET

FIFM: On a adoré "Regarde moi", le film poignant du Tunisien Nejib Belkadhi présenté en compétition officielle

Sur le sujet de l'autisme, un film qui déborde d'espoir et d’amour.

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FESTIVAL - Lancée le 30 novembre, la 17ème édition du Festival International du Film de Marrakech (FIFM) propose au jury (et au public) 14 films en compétition qui seront départagés ce samedi 8 décembre, par la remise de l’Étoile d’or. Ce 4 décembre, nous avons vu “Regarde moi”, le nouveau film du réalisateur tunisien Nejib Belkadhi. Dur et émouvant, il a reçu à Marrakech une ovation du public après sa projection dans la salle du Palais des Congrès.

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Un film qui redonne espoir. Avec “Regarde moi”, le réalisateur tunisien propose un nouveau regard sur l’autisme, cette maladie encore taboue. Un regard qui ne condamne pas et ré-écrit parfaitement l’espoir, l’amour et la maladie. 

Il raconte l’histoire d’un enfant autiste et de son père, qui ne l’a pas vu grandir. Lotfi, interprété par Nidhal Saadi, a laissé sa famille, sa femme et son garçon en Tunisie. Après avoir découvert la maladie dont était atteint son fils, il a choisi de refaire sa vie ailleurs, en France, laissant derrière lui ce “fardeau” trop dur à assumer. 

On découvre au début du film cet homme au sang-chaud, fier, peut-être trop fier pour assumer l’enfant laissé en Tunisie. Plus tard, en France, il fête la naissance de son futur bébé, avec une nouvelle compagne, jusqu’à ce que son frère l’appelle pour lui annoncer que la mère de son premier fils a fait une attaque. Cet enfant caché, il va devoir l’assumer s’il ne veut pas qu’il soit confié à la soeur de la femme à qui il est encore marié.

La première rencontre entre ce père démissionnaire et cet enfant autiste qui a grandi est difficile. Forcée. Mais Lotfi va, peut-être inconsciemment, tenter de rattraper ces 7 années perdues. S’il hésite entre placer son enfant ou l’assumer enfin, il ne rentrera pas tout de suite en France au prix de sacrifices. “Regarde moi”, demande, réclame, espère le père de son enfant malade.

Durant tout le film, l’émotion l’emporte. On est happés par l’intrigue, servie avec justesse par des acteurs interprétant leurs personnages de façon exceptionnelle. “Ce sont mes premiers pas dans le cinéma”, lançait Nidhal Saadi avant la projection. À l’écran, rien n’y paraît. Idryss Kharroubi, qui interprète Youssef et qui est encore un enfant, est également merveilleux, si jeune et si mature dans la compréhension de cette maladie difficile à vivre et sûrement à interpréter. 

Sélectionné au Festival international du film de Toronto, il n’y avait pas été primé. Mais à Marrakech, il a en tout cas déjà reçu l’appui du public, qui l’a ovationné après 96 minutes de fortes émotions.