MAROC
02/12/2018 09h:57 CET

FIFM, jour 2: À Marrakech, Robert De Niro superstar

“Mon pays traverse une période de grotesque version de nationalisme”.

SifeElamine

FIFM - C’était l’instant que tous attendaient. Cette année, le Festival international du film de Marrakech (FIFM) accueillait en grande pompe la légende vivante du cinéma américain, Robert De Niro. 

L’acteur de “Taxi Driver”, “Raging Bull”, “Le Parrain II” a reçu ce samedi 2 décembre l’Étoile d’Or des mains de son ami et fréquent collaborateur Martin Scorsese.

Dès son arrivée sur le tapis rouge, le réalisateur américain, grand habitué du festival, a provoqué les applaudissements dans le Palais des congrès, qui diffusait en direct sur écran géant l’arrivée des artistes. Des applaudissement qui se succèderont tout au long de la soirée. 

“Nous avons grandi dans le même quartier (...) c’est plus qu’une collaboration”, déclare alors le réalisateur. En attendant l’arrivée de l’acteur, une pléiade de stars se succèdent sur le tapis rouge, parmi lesquels Laurent Lafitte, Gilles Lellouche, Tahar Rahim, Chiara Mastroianni, Melanie Laurent, Laurence Fishburn (autre habitué du festival) ou encore Guillermo Del Toro, lauréat cette année de l’Oscar du Meilleur film et du Meilleur réalisateur pour “La Forme de l’eau”.

AIC Press
Laurence Fishburne
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Guillermo Del Toro et Sarim Fassi Fihri.
AIC Press
Gilles Lellouche
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JR et Agnès Varda.

L’arrivée du héros

C’est finalement vers 19h30 que Robert De Niro fait enfin son arrivée devant le Palais des congrès. L’acteur, très chaleureusement applaudi dans la salle, se dirige alors vers le public présent avec qui il passe une dizaine de minutes à prendre des selfies et signer des autographes (l’un d’entre eux parvient même à faire une bise à l’acteur, au grand dam de ses gardes du corps). De Niro, au cours de cette séance, signe aussi un drapeau marocain, geste également accompagné par son lot d’applaudissements. 

Après une séance photo avec son comparse Martin Scorsese, la foule de people fait son entrée dans la grande salle du Palais des Congrès et les festivités peuvent enfin commencer.

Comme prévu, c’est Martin Scorsese qui a pour tâche de remettre son prix à Robert De Niro. Le réalisateur commence par rendre hommage au réalisateur italien Bernardo Bertolucci, mort la semaine dernière. “Nous ne verrons certainement plus un artiste comme lui”, déclare Scorsese. 

“Je suis très heureux d’être de retour au Festival du Film de Marrakech, et je suis heureux du retour du festival”, poursuit-il. Martin Scorsese a notamment insisté dans son discours sur l’importance des festivals dans la visibilité des films: “Il y a une nouvelle génération de réalisateurs internationaux qui méritent notre soutient constant”. “Mais mon plus grand plaisir est de me joindre à voys pour honorer mon ami et proche collaborateur Robert De Niro (...) Il est probablement approprié de dire qu’il est au sommet de sa carrière, mais cet homme a plus de sommets que les montagnes de l’Atlas”, continue Martin Scorsese. 

Sife Elamin

“Je dis action et Bob assure”

Le réalisateur de Taxi Driver a également fait référence à leur dernière collaboration, “The Irishman”, bientôt distribué par Netflix. “Pendant le tournage, les gens nous voyaient discuter et pensaient que nous parlions du personnage, la vision de la scène... En réalité, ce n’était rien de tout cela, on ne fait que discuter (...) on parle de restaurants, de pièces à voir, de dents de sagesse à extraire, d’urologue... Quand on est appelé sur le plateau, je dis action, Bob assure, et c’est ça le mettre en scène”, conclut-il avant d’appeler sur scène l’homme de la soirée.

Robert De Niro fait alors une arrivée triomphale sur scène, accompagné par une standing ovation de plusieurs minutes. Visiblement ému par l’accueil, l’acteur a également commencé son discours en rendant hommage à Bernardo Bertolucci, qui l’avait mis en scène en 1976 dans le film “1900”.

Robert De Niro a ensuite adressé ses “shukran” au roi Mohammed VI, au prince Moulay Rachid, président de la fondation du FIFM, au peuple marocain, à la fondation du festival et à Martin Scorsese. L’acteur était d’ailleurs très ému à l’évocation de sa collaboration avec le réalisateur. 

“Mon pays traverse une période de grotesque version de nationalisme”

Au cours de son discours, Robert De Niro a évoqué le Festival de Tribeca, créé par ce dernier et ses collaborateurs à New York en 2001, au lendemain du 11 septembre, la même année que la naissance du FIFM.

“Les deux sont nés dans l’ombre des évènements tragiques du 11 septembre. Tribeca avait pour but de ramener les gens dans notre quartier blessé et quand le roi Mohammed VI a démarré ce festival, le but était plus que d’être un évènement dédié au cinéma mais un pont entre les cultures et les nations. Nous avons tous les deux atteint notre but et plus”.

Robert De Niro n’a pas manqué une nouvelle fois d’exprimer son opposition à la politique du président américain Donald Trump: “Mon pays traverse une période de grotesque version de nationalisme. Pas le genre de nationalisme où l’on célèbre les qualités et personnalités de nos diverses populations, mais une forme diabolique marquée par l’avidité, la xénophobie et l’égoïsme sous la bannière de ‘America First’”. “La politique peut nous trahir mais l’art nous réunit et donne de l’espoir, à moi et à vous”, conclut-il.