MAROC
06/12/2018 16h:15 CET | Actualisé 06/12/2018 16h:28 CET

FIFM: Émotion lors de l'hommage au réalisateur marocain Jillali Ferhati

Le critique Hammadi Guerroum lui a remis l'Étoile d'or.

AIC Press

CINÉMA - Sixième jour pour le Festival international du film de Marrakech (FIFM) et nouvel hommage, cette fois consacré à un monument du cinéma marocain. Après Robert de Niro et Agnès Varda, ce 6 décembre, Jillali Ferhati a “enfin” reçu l’Étoile d’or, en récompense à son incroyable carrière. 

Ils étaient nombreux à venir saluer le réalisateur marocain. Lui, n’a pas pu retenir ses larmes. A peine présenté, celui qui a été remarqué dès son premier long-métrage, “Une brèche dans le mur” réalisé en 1977, a été acclamé par son public et les professionnels qu’il a croisés sur sa route durant toutes ces années. Parce que Jillali Ferhati est de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse au cinéma marocain. 

Il a fallu plusieurs bonnes minutes, la musique en pause et les larmes de Jillali Ferhati qui avaient déjà coulé pour que la cérémonie d’hommage commence. Le cinéaste marocain a reçu une véritable standing-ovation. 

“Tu as fait du cinéma une promesse de bonheur”

Arrive alors sur scène le critique marocain Hammadi Guerroum. C’est lui qui rend hommage, ce soir, à son ami. A Jillali Ferhati qui a “offert au cinéma marocain ses poupées et ses plages”. Celui dont les films, chaque fois, ont emporté le public grâce au “souffle poétique et philosophique” qu’il a su y insuffler. “Tu as fait du cinéma une promesse de bonheur”, ajoute Hammadi Guerroum, avant de lui remettre l’Étoile d’or.

Pas encore remis de ses vives émotions, Jillali Ferhati prend le micro. “Merci infiniment pour l’amour que vous me portez. Vous savez pertinemment que je vous aime énormément”, lance le réalisateur, “comblé et honoré” par cette soirée et cette récompense.

“C’est rassurant de savoir qu’on existera dans la mémoire des autres. Que même si on m’oublie, mes oeuvres perdureront”, ajoute-t-il, avouant qu’il se sent “comme un enfant”. Un enfant qui l’a accompagné tout au long de cette carrière et qu’il prend aujourd’hui par la main pour montrer que le cinéma, c’est aussi ça: des hommages. Et “un des plus beaux mensonges pour dire la vérité”, rappelle-t-il.

Cette vérité, il l’a parsemée dans tous ses films. “La plage des enfants perdus” (1991), “Dès l’aube” (2009), “Secrets d’oreiller” (2013), des extraits de ses plus belles oeuvres ont été diffusés au palais des Congrès suivis, encore une fois, par de vifs applaudissements.

Sa dernière oeuvre, nouvelle consécration

Sur scène, le cinéaste marocain est rejoint par l’équipe de son dernier film “Ultime révolte”, présenté en avant-première lors de ce festival. “Ma fille et mon beau-fils sont également présents. Ils sont les ‘producteurs de l’invisible’ de mon nouveau long-métrage parce qu’ils ont contracté un crédit à la consommation pour que je puisse le faire”, souligne le réalisateur toujours ému, qui en profite pour dédier ce trophée à son petit-fils.

Jillali Ferhati et sa fille.

Il laisse ensuite place à la projection d’“Ultime révolte”. Son nouveau long-métrage raconte l’histoire d’Ayman, un sculpteur âgé de 60 ans, qui rencontre Wafaa, une jeune femme de 25 ans qui recherche son frère disparu. Ayman se trouve déchiré entre cet amour impossible avec la jeune femme et la relation profonde l’unissant à son épouse Suha, qui a perdu la mémoire et qui vit dans une maison de retraite.

La poésie du réalisateur nous emporte durant toute la projection. Une nouvelle oeuvre à inscrire au patrimoine du cinéma marocain qui est, encore une fois, signée Jillali Ferhati.