ALGÉRIE
10/09/2014 17h:23 CET | Actualisé 12/09/2014 04h:24 CET

Le film-documentaire "Fidaï" retrace l'histoire d'El Hadi Benadouda, combattant FLN en France

Mohamed El Hadi Benadouda est un ancien membre du Front de libération nationale (FLN). Un combattant pour la liberté de l'Algérie durant la colonisation française qui a milité au sein de la Fédération de France, une branche du FLN, où il effectuait des missions clandestines. Aujourd'hui à 70 ans, il se remémore sa vie d'antan dans le film-documentaire Fidaïفدائي réalisé par le franco-algérien Damien Ounouri.

Fidaï désigne en arabe "un combattant pour la patrie" comme le moudjahid à la différence que le Fidaï activait en métropole et en ville lors de la guerre d'Algérie (1954-1962).

Peu après le déclenchement de la révolution, en 1954, El Hadi décide de partir en France, chez sa sœur, où il entame une vie de "missionnaire" effectuant des opérations de "règlements de compte et tentatives de meurtre". Il entre en clandestinité et fini par être emprisonné. À l'indépendance de l'Algérie, en 1962, il est expulsé de France.

"Faciliter la transmission"

Damien a retracé les quelques détails de l'histoire du grand-oncle à son père, El Hadi: "Petit, je questionnais souvent mon père sur son oncle El Hadi, un de ces nombreux soldats ordinaires qui ont combattu pour une Algérie indépendante. Les anciens cultivant un certain silence vis à vis de cette période, son histoire ne m’était révélée que par bribes et mon imagination la comblait de toutes sortes d’aventures. En recréant son itinéraire pendant la Révolution algérienne, écoutant sa parole et celle des personnes qu’il rencontre sur les différents lieux dits de ses actions en Algérie et en France, El Hadi revit ses années sombres dans un dialogue entre son histoire personnelle et l’histoire officielle" raconte le réalisateur.

À travers ce documentaire de 82 minutes, Damien Ounouri, souhaite "faciliter la transmission [de l'Histoire]". "Face à la disparition croissante des ses acteurs, il est urgent de construire une mémoire qui lie l'intime au collectif" explique le réalisateur de 32 ans dont Fidaï est le premier long-métrage après quatre court-métrages dont le dernier Fidaï réalisé en 2010 a servi de base à la version longue.

Pour l'accompagner dans l'Histoire de la guerre d'Algérie sur le sol français, le réalisateur s'est entouré de la chercheuse Linda Amira qui a co-écrit le scénario. Le film a d'ailleurs été salué par le milieu académique, notamment par l'historien spécialiste du Maghreb, Benjamin Stora, qui a déclaré que c'était un film "nécessaire".

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Tournée mondiale

Fidaï a participé à de nombreux festivals mondiaux de cinéma, du TIFF (Toronto International Festival Film) en 2012 au Viennal en Autriche la même année, et a remporté trois prix au total.

La projection en salle est prévue le 29 octobre en France. L'idée du film, produit par un "consortium" de studios de différentes nationalités (Algérie, Allemagne, Chine, France, Koweït, Royaume-Uni et Qatar), quant à elle, date de 2010 mais le tournage n'a commencé qu'en 2011 et s'est achevé en 2012.

Le film a coïncidé avec le 50e anniversaire de l'Algérie en 2012 au cours de laquelle plusieurs œuvres cinématographiques ont été produites telles que Zabana! de Saïd Ould Khlifa et Ce que le jour doit à la nuit l'adaptation de Yasmina Khadra, tous les deux racontant la Révolution algérienne.

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