MAROC
15/03/2019 13h:56 CET | Actualisé 15/03/2019 18h:15 CET

FICAM 2019: Le cinéma d'animation espagnol à l'honneur

Le FICAM fêtera se 18 printemps du 22 au 27 mars prochain.

FICAM

FICAM - L’édition “de la maturité”. Le vendredi 22 mars prochain, le Festival international du film d’animation de Meknès lancera sa 18ème édition. Le FICAM, c’est 30.000 visiteurs par an, dont 160 étudiants, 50 fictions projetées et 15 nationalités représentées. “On est très loin des 8 films présentés pour notre première édition”, plaisante le directeur artistique du festival, Mohammed Beyoud.

Cette 18ème édition mettra à l’honneur le cinéma d’animation espagnol, un genre ”émergent” explique le directeur artistique au HuffPost Maroc. “L’idée est d’inviter les professionnels du cinéma pour qu’ils nous montrent ce qu’ils ont de particulier (...) nous avons eu un vrai coup de coeur pour le travail d’Alberto Vazquez”, réalisateur espagnol de Psiconautas, présenté en Séance évènement. “Ça vaut le coup que les jeunes étudiants marocains puissent voir son travail”, poursuit-il.

DR
Le film espagnol "Psiconautas"

Ce FICAM sera le premier pour la nouvelle directrice de l’Institut Français, Lyliane Dos Santos. “Ce qui a été important pour moi, c’est tout le travail qui a été fais auprès des publics et de défendre le droit à la culture pour tous pour faire en sorte que le cinéma d’animation concerne tous les publics”, explique-t-elle au HuffPost Maroc.

Une ambiance conviviale

Au programme cette année, plusieurs films nommés aux César et aux Oscars, mais aussi les lauréats comme Spider Man: New Generation, Oscar 2019 du meilleur film d’animation ou encore Dilili à Paris de Michel Ocelot, César du meilleur film d’animation 2019 et habitué du festival. Ce dernier sera d’ailleurs un des invités de cette édition.

“Michel Ocelot a une relation très spéciale avec le festival. Il est venue au moment où il préparait “Azur et Asmar”et s’est inspiré de Meknès et d’autres villes du royaume pour les dessins”, expliquent les organisateurs lors d’une conférence de presse.

Mais l’invité d’honneur cette année est le dessinateur du New Yorker et concepteur des personnage de L’Age de glace, Peter de Sève. “L’invité d’exception” sera, lui, Michael Dudok De Wit, réalisateur néerlandais à qui on doit notamment “La tortue rouge”, Prix Spécial “Un Certain Regard” au Festival de Cannes 2016.

Des cinéastes qui, selon les organisateurs, sont attirés par l’ambiance conviviale du festival. “Il n’y a pas d’enjeu économique donc les invités viennent avec un état d’esprit plus réceptif (...) Ici, les gens peuvent directement aller parler à des grands noms du cinéma d’animation, ce qui est inconcevable dans des endroits comme le Festival d’Annecy. On peut dire que l’on est le premier festival en terme de convivialité”.

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De gauche à droite, Mohamed Beyoud, Directeur artistique du FICAM, Widad Chraibi, directrice du FICAM, Lyliane Dos Santos, directrice de l'Institut Français de Meknès et Mardochée Devico, Président de la Fondation Aïcha.

“Une ville d’agriculture mais aussi de culture”

Cette année, les organisateurs présentent un programme “riche et varié” avec plusieurs oeuvres visant un public familial mais aussi des films destinés à un public plus “adulte”.

Au cours de la conférence, le Président de la Fondation Aïcha, Mardochée Devico, a notamment insisté sur sa volonté de faire de la ville de Meknès un épicentre du cinéma d’animation au Maroc. “Meknès est une ville d’agriculture mais aussi de culture”, affirme ce dernier.

“Quand on parle de cinéma d’animation on parle aussi d’une activité économique à développer”. A cette occasion, le Président de la Fondation Aïcha est notamment revenu sur la possibilité pour la ville d’accueillir prochainement une école de cinéma d’animation, projet porté depuis longtemps par le festival. En attendant sa mise en oeuvre, les organisateurs ont annoncé la création prochaine d’un Master en cinéma d’animation, en collaboration avec l’Institut Supérieur des Métiers de l’Audiovisuel et du Cinéma de Rabat.

Comme les années précédentes, le festival accueillera plusieurs étudiants issus des écoles d’art, de cinéma ou de journalisme du pays. “On sent l’engouement de la jeunesse marocaine”, explique Mohamed Beyoud au HuffPost Maroc. “Parfois, des élèves eux-mêmes nous sollicitent. Il arrive que l’on travaille avec une filière d’animation parce que ce sont les étudiants qui nous ont contacté”.

La résidence d’écriture du FICAM a accueilli cette année six jeunes créateurs venus de France, Belgique, Tunisie, Maroc, Cameroun et Sénégal, et Abderrahmane El Kandili, lauréat du Grand Prix Aïcha de l’Animation 2018. Il présentera d’ailleurs son court-métrage “Amour Paternel”, lors de la Cérémonie d’ouverture.

Le numérique mis en avant

Des jeunes artistes qui, à l’heure des réseaux sociaux, se tournent de plus en plus vers les plateformes numériques pour diffuser leur travail. Le festival prévoit d’ailleurs une table ronde autour de ce sujet. “Nous sommes un festival en phase avec le contexte actuel”, affirme Mohamed Beyoud à notre rédaction. Ce dernier s’est notamment dit inspiré par la série “First Blood”, diffusée par l’incubateur de talent Jawjab. “A partir de cette série on a décidé d’inviter Rita El Quessar pour nous parler de son expérience mais aussi Mostapha Melouk qui est un grand nom de la télévision au Maroc”.

Le FICAM aura lieu du 22 au 27 mars prochain avec, en projection inaugurale, “Funan” du réalisateur français Denis Do.