MAROC
09/12/2018 10h:16 CET

Festival du film de Marrakech: Le film autrichien "Joy" remporte l'Étoile d'Or

L'histoire d'une jeune femme contrainte à se prostituer pour payer ses dettes...

Variety

CINÉMA - L’Autriche est la grande gagnante du Festival international du film de Marrakech. Une vingtaine de pays était représentée, cette année, à travers les films de la compétition officielle. C’est finalement “Joy” qui a remporté, samedi lors de la soirée de clôture du festival, l’Étoile d’Or de cette 17ème édition. La diva Monica Belluci s’est chargée de remettre son trophée à la réalisatrice irano-autrichienne Sudabeh Mortezai, qui a demandé à l’actrice Precious Mariam Sanusi, une des protagonistes du film, de la rejoindre sur scène.

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Les cinq gagnants de la 17 édition du Festival international du film de Marrakech.

“Joy”, Autriche

Le jury semble avoir été conquis par le deuxième long métrage de Mortezai qui suit la vie d’une jeune femme, Joy (Joy Anwulika Alphonsus), prostituée malgré elle. C’est l’histoire d’un groupe de femmes nigérianes qui se retrouvent, une fois après avoir traversé les frontières pour rejoindre l’Europe, exploitées sexuellement par d’autres femmes, notamment “Madame”. Celle-ci les oblige à faire le trottoir pour lui rembourser la dette qu’elles ont envers celle qui les a aidées à immigrer clandestinement.

“Je suis, bien sûr, heureuse de recevoir ce prix, mais je suis encore plus ravie de savoir que, grâce à ce prix, l’histoire de ces femmes pourra atteindre encore plus de monde et avoir une plus grande audience”, déclare la réalisatrice du film qui a déjà décroché le “Label Europa Cinemas” du meilleur film européen des Giornate degli Autori (Journée des auteurs) de Venise.

“Regarde-moi”, Tunisie

La Tunisie repart également gagnante de ce festival grâce à la performance de Nidhal Saadi qui remporte le Prix d’interprétation masculine pour son rôle dans le film “Regarde-moi” réalisé par Nejib Belkadhi. Un “rêve” pour cet habitué du petit écran que l’on retrouve pour la première au cinéma dans le rôle de Lotfi, un immigré tunisien en France contraint de retourner chez lui pour récupérer la garde de son fils autiste de neuf ans, Amr. Il devra alors tenter de reconstruire la relation père-fils avec son enfant handicapé qu’il n’a pas vu depuis six ans.

“All is good”, Allemagne

Du côté des dames, le prix de l’interprétation féminine à été remis à l’actrice allemande Aenne Schwarz pour son rôle de Janne dans le film “All is good” de la réalisatrice Eva Trobisch. Le film raconte le drame de Janne, une survivante de viol qui, après avoir essayé de dissimuler son traumatisme et aller de l’avant, va devoir côtoyer au quotidien son agresseur dans son nouveau job.

“The Load”, Serbie

Le prix de la mise en scène a été, quant à lui, attribué à Ognjen Glavonic pour son film “The Load” qui suit la route périlleuse empruntée par Vlada, chauffeur de camion lors du bombardement de la Serbie par l’OTAN en 1999. Chargé de transporter une charge mystérieuse du Kosovo à Belgrade, il traverse un territoire inconnu tout en sachant qu’il devra faire face aux conséquences de ses actes une fois rentré chez lui.

“La Camarista”, Mexique 

Un cri de joie a retenti à l’annonce du prix du jury. La pétillante mexicaine Lila Avilés n’a pas su contenir ses émotions à l’annonce du titre de son film “La Camarista” parmi les lauréats du festival. À travers son long-métrage, elle invite le spectateur dans le quotidien monotone d’Eve, une femme de chambre dans un hôtel de luxe à Mexico qui rêve d’une vie meilleure pour elle et pour son fils.

Avant d’annoncer les gagnants de la compétition officielle, le président du jury James Gray a tenu à souligner que le choix était très difficile et que les jurés n’ont fait leur sélection que parce qu’ils étaient bien obligés.

“On ne peut pas vraiment parler de compétition lorsqu’il s’agit de cinéma. La compétition n’est bonne que s’il s’agit d’un match de foot”, plaisante le réalisateur américain qui a, ensuite, demandé au public d’applaudir les quatorze réalisateurs des films qui se sont disputés l’Étoile d’Or après les avoir invités à se lever.

Le jury était également composé de Daniel Brühl, Laurent Cantet, Iliana D’Cruz, Michel Franco, Joana Hadjithomas, Dakota Johnson, et Lynne Ramsay pour sélectionner les favoris de la 17 édition.

Les autres films en compétition étaient “Tafaha Al Kail” (“Une urgence ordinaire”) de Mohcine Besri (Maroc, Suisse), “The Good Girls” (Mexique) d’Alejandra Márquez Abella, “Diane” (”États-Unis) de Kent Jones, “Red Snow” (Japon) de Sayaka Kai,  “Irina” (Bulgarie) de Nadejda Koseva, “Rojo” (Argentine, Brésil, France, Pays-Bas, Allemagne) de Benjamín Naishtat, “Akasha” (Soudan, Afrique du sud, Allemagne, Qatar) de Hajooj Kuka, et, enfin, “The Giraffe” (Égypte).