MAROC
24/04/2019 11h:03 CET

Festival de Cannes: Un film marocain sélectionné à la Semaine de la critique

"Le miracle du Saint Inconnu", un premier film signé Alaa Eddine Aljem.

Doha Film Institute

CINEMA - Il est un des noms du cinema arabe à suivre. “Le miracle du Saint Inconnu” du Marocain Alaa Eddine Aljem concourra à la Semaine de la Critique, prestigieuse sélection parallèle du Festival de Cannes.

Alaa Eddine Aljem est en compétition aux côtés de six autres réalisateurs, dont l’Algérien Amin Sidi-Boumédiène, qui présentera le film “Abou Leila”. 

“Il y a déjà quelque temps que nous sommes au courant de notre sélection, mais c’était confidentiel. On a dû attendre la conférence de presse avant de l’annoncer”, explique au HuffPost Maroc Alaa Eddine Aljem .

“Cette section est idéale pour un premier film. Elle est respectée, c’est une bonne plateforme de découverte et de lancement et il y a beaucoup de réalisateurs que j’aime beaucoup qui ont débuté dans cette catégorie comme Alejandro González Iñárritu, qui est président du jury du festival cette année, ou encore Wong Kar Wai que j’aime beaucoup”, poursuit-il.

“Un film sérieux qui ne se prend pas au sérieux”

“Le miracle du Saint Inconnu”, co-financé par la fondation Doha, raconte l’histoire d’Amine, un jeune homme qui, après avoir volé une importante somme d’argent, s’échappe dans les collines avec la police à ses trousses. Avant de se faire arrêter, il enterre la somme d’argent dans un trou qu’il fait passer pour une tombe.

Dix ans plus tard, à sa sortie de prison, il découvre que la cachette où il avait dissimulé l’argent a été transformée en tombe “du saint inconnu”, un homme saint de la région dont la sépulture n’a été retrouvée qu’il y a 10 ans. Le lieu de pèlerinage est désormais la principale activité économique du village environnant. Amine s’y installe, cherchant un moyen de récupérer son argent.

“Ce n’est pas un film avec une thématique identifiée. C’est n’est pas un film sur la condition de la femme, le terrorisme ou l’immigration, c’est un burlesque, qui joue avec certains codes du genre. C’est un film sérieux qui ne se prend pas au sérieux, où la force tient à la cinématographie, à son style, à son esthétique”, nous explique le jeune réalisateur.

À l’affiche de ce “film choral”, on retrouve notamment Younes Bouab, qui incarne Amine, Salah Bensalah, Anas El Baz, Bouchaib Essamak, dont c’est le premier passage devant la caméra, ou encore Mohamed Naimane. “Le miracle du Saint Inconnu” est une co-production France-Maroc avec la participation de l’Allemagne, du Liban et du Qatar.

Semaine de la critique
Youness Bouab et Salah Bensalah.

Le jury de la Semaine de la Critique est présidé cette année par le réalisateur colombien Ciro Guerra

Réalisateur à suivre

Diplômé de l’École supérieure des arts visuels de Marrakech et de l’Institut Supérieur des Arts de Bruxelles, Alaa Eddine Aljem a remporté en 2015 le prix du scénario, dans la catégorie court-métrage au Festival International du Film de Marrakech pour “Les poissons du désert”.

Le jeune réalisateur a participé en 2016 à la seconde résidence d’écriture de scénario à Ifrane, une résidence organisée par le FIFM et le CCM. Résidence durant laquelle il travaillait déjà à l’écriture du film “Le miracle du Saint Inconnu”.

“Le miracle du Saint Inconnu” sera le second film marocain présenté à Cannes cette année. “Adam” de la Marocaine Maryam Touzani, sera pour sa part projeté dans le cadre de la catégorie “Un certain regard” de la 72e édition du Festival de Cannes.