TUNISIE
05/02/2019 13h:55 CET | Actualisé 05/02/2019 13h:57 CET

Fermeture d'une nouvelle "école coranique" pour soupçons d'activités douteuses

L'établissement hébergerait quelque 38 personnes dont des mineurs.

Le scandale de l’ ”école coranique” de Regueb à Sidi Bouzid a manifestement mis ces établissements sous les projecteurs. En effet, une nouvelle ”école” à Fouchana dans le gouvernorat de Ben Arous, qui exerce en tant qu’association, a été fermée suite à plusieurs infractions relevées, selon une déclaration du porte-parole de la Garde nationale, le colonel Houssem Eddine Jebabli, sur les ondes de Shems FM.

Toujours selon la même source, cette association qui dispose d’un foyer d’hébergement, abriterait quelque 38 personnes âgés de 16 à 27 ans.

En concertation avec le gouverneur de Ben Arous qui a préféré prendre les devants après le limogeage hier de son homologue de Sidi Bouzid par la présidence du Gouvernement, les autorités ont alors perquisitionné l’établissement en question et saisi une multitude de livres religieux servant à l’activité de l’association, qui est soupçonné d’enseignement takfiriste sur les enfants et dont le financement semble douteux.

Cette dernière envisageait également d’étendre son activité à travers l’acquisition d’un nouveau foyer pour accueillir des enfants issus de plusieurs régions en Tunisie, affirme Jebabli.

Deux enfants ont à présent été entendus par la brigade antiterroriste, et dont les déclarations seront comparées à celles des membres et du directeur de l’association, qui seront également entendus dans ce cadre. Selon le porte-parole de la Garde Nationale, un mandat d’arrêt a été émis à leur encontre.

Il affirme par ailleurs que certains des enfants qui se rendent à cet établissement auraient abandonné l’école.

L’affaire de l’ ”école coranique” de Regueb indigne l’opinion depuis vendredi dernier après la diffusion de l’enquête de l’émission “Les 4 vérités” d’Elhiwar Ettounsi. Les déclarations se sont multipliées, au même rythme des arrestations qui ont poussé la présidence du gouvernement à limoger le gouverneur de Sidi Bouzid et le délégué de Regueb.

Des abus sexuels commis sur des enfants ont été confirmés en ce début d’enquête, et plusieurs responsables ont été mis en garde à vue dans la foulée.

Cette affaire soulève à nouveau la question du statut légal de ces ”écoles” qui échappent pratiquement à tout contrôle et sont souvent enregistrées en tant qu’associations, ne relevant ni du ministère de l’Education, ni de celui des Affaires religieuses, et encore moins du ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Seniors.

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