ALGÉRIE
16/10/2019 16h:50 CET | Actualisé 16/10/2019 17h:04 CET

Fermeture de trois lieux de culte chrétien à Tizi Ouzou

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EPA

Trois locaux aménagés en églises protestantes ont été fermés hier, mardi 15 octobre 2019, dans la wilaya de Tizi Ouzou par les forces de sécurité sur décision des autorités locales. Ces nouvelles fermetures qui s’ajoutent à une longue série lancée cela fait quelques mois à Oran puis en Kabylie. 

Des citoyens de confession chrétienne, des délégués et responsables des églises protestantes d’Algérie se sont rassemblés ce mercredi devant le siège de la wilaya de Béjaia pour dénoncer la fermeture, qualifiée d’“abusive”, d’autres lieux de culte chrétien.

Trois églises ont été fermées en une seule journée, mardi, à Tizi Ouzou. Il s’agit  de celle de Makouda, de “l’Eglise portes ouvertes” et de l’”Église Tafath”.

Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des éléments de la police ou de la Gendarmerie nationale pénétrer à l’intérieur de certaines églises, afin d’évacuer ses occupants, parfois par la force. 

Il ne s’agit pas des premières fermetures de lieux de culte chrétien. Cinq locaux aménagées en églises protestantes ont déjà été fermés entre mai et septembre à Tizi Ouzou et Béjaïa, sur ordre des walis. Il s’agit des églises de Ait Mellikeche, Ighram, Akbou et Ighzer Amokrane à Béjaia, ainsi que celle de Boudjima à Tizi Ouzou.

Selon une liste établie par un avocat, Kader Houali, le nombre de lieux de culte chrétien fermés depuis novembre 2018, c’est-à-dire depuis une année, s’élève à 13. Plus tôt dans la même année, deux églises, à Oran et Arzew, ont été fermées pour les mêmes raisons

Sit-in de chrétiens devant la wilaya de Béjaïa

Des citoyens de confession chrétienne, dont des délégués et responsables des églises protestantes d’Algérie, se sont rassemblés aujourd’hui devant le siège de la wilaya de Béjaia. Ils ont dénoncé une “fermeture abusive des lieux de culte chrétien”.

L’Eglise Protestante d’Algérie a exigé “la levée des scellés sur les lieux de culte, l’arrêt des intimidations contre sa communauté et ses membres, l’abrogation de la loi liberticide de 2006, qui ne constitue, selon eux, ni plus ni moins, qu’un outil de persécution entre les mains des autorités, dirigé contre les chrétiens algériens”.

Selon le quotidien francophone El Watan, une demande d’audience au wali, appuyée par l’APW de Bejaia et un sénateur de la région, a été déposée, “pour évoquer la question de la fermeture de ses lieux de culte”, sans qu’une suite ne soit donnée à cette requête. 

La loi de 2006 fixant les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans, stipule dans son article 2 que “L’État algérien dont la religion est l’islam garantit le libre exercice du culte dans le cadre du respect des dispositions de la Constitution, de la présente ordonnance, des lois et règlements en vigueur, de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits et libertés fondamentaux des tiers”.

Dans son article 5, la loi stipule que “l’affectation d’un édifice à l’exercice du culte est soumise à l’avis préalable de la commission nationale de l’exercice des cultes prévue par l’article 9 de la présente ordonnance. “Est interdite toute activité dans les lieux destinés à l’exercice du culte contraire à leur nature et aux objectifs pour lesquels ils sont destinés. Les édifices destinés à l’exercice du culte sont soumis au recensement par l’État qui assure leur protection.”

L’article 7 précise par ailleurs que “l’exercice collectif du culte a lieu exclusivement dans des édifices destinés à cet effet, ouverts au public et identifiables de l’extérieur”.