MAROC
14/09/2018 15h:58 CET | Actualisé 14/09/2018 16h:00 CET

Fermeture de la douane à Melilla: Le Maroc et l'Espagne s'allient pour trouver des solutions

"Il faut créer un dialogue constructif pour parvenir à un accord", estime l'Espagne.

Alexander Koerner via Getty Images

INTERNATIONAL - La fermeture de la frontière commerciale, qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Melilla, le 31 juillet dernier, a jeté un coup de froid dans les relations commerciales entre les deux royaumes. Les importantes pertes subies par la ville de Melilla ont poussé le gouvernement espagnol à intensifier les rencontres avec le Maroc et créer un groupe de travail pour proposer des solutions aux problèmes rencontrés. 

La frontière douanière commerciale de Beni Ansar est au coeur des préoccupations en Espagne depuis quelques semaines. Le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la coordination, Joseph Borell a annoncé hier dans son discours à la commission des affaires étrangères au Congrès espagnol, la création de ce groupe de travail suite à une rencontre à Rabat, hier également, entre la directrice générale des douanes espagnoles, Maria Pilar Jurado, et son homologue marocain, indique El Faro de Melilla. Une solution d’après lui efficace pour éviter “une escalade politique d’un problème qui aurait pu être traité plus efficacement”. 

Les discussions, dans une atmosphère “positive et cordiale”, précise le média, se sont portées sur les conséquences de cette décision unilatérale prise par le gouvernement marocain et les solutions à proposer pour permettre la réouverture de la frontière et poursuivre les échanges commerciaux. Le président de Melilla, Juan José Imbroda avait d’ailleurs déclaré à la presse espagnole que la ville risquerait de subir des pertes chiffrées en millions d’euros. Une situation “terriblement néfaste pour l’économie locale”, avait-il estimé, interpellant au passage le gouvernement espagnol qu’il juge passif. 

Pas d’accord sans dialogue constructif 

“On s’attendait à plus que ça à ce stade de la situation. On pensait que davantage d’efforts auraient été faits et que tout aurait été résolu rapidement mais il semble que non, nous sommes exactement au même point depuis le 1er août, depuis cette décision du Maroc qui est inhabituelle dans les relations entre nos deux pays”, a expliqué Imbroda aux journalistes, suite à l’annonce de le création de ce groupe de travail.

Pourtant, pour Jospeh Borell, cette réunion entre les deux pays permettrait de créer “un dialogue constructif qui conduirait à un accord”, indique l’agence EFE, qui reprend ses déclarations. Il souligne cependant que cette décision de fermer unilatéralement le poste de douane est “une décision souveraine que le Maroc a le droit de prendre”. 

“Nous avons toutefois défendu avec la même fermeté notre intérêt légitime à promouvoir le développement d’une région et l’utilisation de certaines infrastructures, qui ne devraient pas porter préjudice aux structures du pays voisin”, a poursuivi le ministre, d’après la même source. Il aurait transmis à son homologue marocain, Nasser Bourita, sa confiance et son désir que les contacts entre les deux pays restent “fructueux et permettent de trouver des solutions satisfaisantes”. 

Le 31 juillet dernier, Rabat avait décidé de fermer la frontière commerciale avec Melilla et d’autoriser seulement le dédouanement des marchandises au port de Beni Ansar qui jouxte la ville espagnole, afin de lutter contre l’économie informelle et l’évasion fiscale et d’accroitre l’économie locale dans le nord du pays.