ALGÉRIE
03/06/2019 11h:28 CET

Fatiha Benabou : la reconduite du président intérimaire, Abdelkader Bensalah, "n’est pas envisageable"

Anadolu Agency via Getty Images

Après le report des élections présidentielles, prononcé des suites de l’absence de candidats crédibles, le président par intérim, Abdelkader Bensalah, dont le mandat devrait prendre fin le 4 juillet 2019, peut-il être légalement reconduit dans ses fonctions ?

Pour la professeure en Droit constitutionnel, Fatiha Benabou, une telle option n’est pas envisageable, parce que, souligne-t-elle, non inscrite dans la Constitution, ajoutant qu’il est donc temps “de passer le relai” à la tenue d’une conférence nationale inclusive.  

S’exprimant, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, celle-ci estime que l’article 7 de la Constitution énonçant que le peuple est souverain, constitue “une potentielle réserve de légitimité et de souveraineté”, lui permettant de transcender les normes  juridiques.

Selon elle, le pays pourrait dépasser la situation de blocage politique dans laquelle il se trouve présentement, en impliquant des membres de la société civile, auxquels dit-elle serait confiée la mission de désigner les membres devant participer à la conférence nationale de dialogue avec les tenants du pouvoir, “sur la base, ajoute-elle, d’un consensus entre toutes les forces sociales”.

De l’organisation de la présidentielle visant à élire un chef d’Etat légitime, Mme Benabou abonde dans le sens de la création d’une commission électorale dotée de prérogatives limitées, chargée de préparer les listes électorales, organiser un scrutin “propre et transparent” et proclamer les résultats, “seule manière, ajoute-t-elle, de mettre le peuple en confiance”.

Elle considère, par ailleurs, qu’il est attendu de l’armée qu’elle joue le rôle attendu d’elle, d’accompagnateur de ces élections, afin notamment d’assurer leur neutralité.

Pour crédibiliser ces présidentielles et les organiser dans les meilleures conditions possibles, l’intervenante avance la nécessité de les entourer de garanties, tant politiques que juridiques, que le dialogue aura préalablement négocié.

De la période de transition devant déboucher sur cette phase de redressement de l’Etat, l’invitée note qu’elle devrait être gérée par des personnes consensuelles et sans attachement politique ou partisan.