MAROC
10/02/2016 05h:26 CET | Actualisé 10/02/2016 09h:14 CET

Farid Bensaid, Nabil Ayouch et Hicham Lahlou décorés par la France à Rabat

HuffPost Maroc
Farid Bensaid, Nabil Ayouch et Hicham Lahlou décorés par la France à Rabat

ORDRE DES ARTS ET DES LETTRES - Trois grands noms marocains de la culture, une consécration. L'homme d'affaires et fondateur de l'Orchestre philharmonique du Maroc Farid Bensaid, le cinéaste Nabil Ayouch et le designer Hicham Lahlou ont reçu les honneurs de la république française mardi 9 février dans la résidence de l'ambassadeur de France à Rabat.

Lors d'une cérémonie intimiste organisée mardi soir dans le salon de l'ambassadeur, les trois hommes ont été faits chevaliers des arts et des lettres, récompense accordée à des personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique.

La remise des insignes s'est faite devant une assemblée d'une petite centaine de personnes, parmi lesquelles se trouvaient les familles et amis des trois artistes et plusieurs personnalités du monde culturel et diplomatique comme le président de la Fondation nationale des musées Mehdi Qotbi, le conseiller du roi André Azoulay ou encore l'ambassadeur de l'Union européenne au Maroc Rupert Joy.

"Philanthrope et engagé"

Après avoir rendu un hommage particulier à deux artistes marocains décédés récemment, le dramaturge Tayeb Saddiki et la jeune photographe Leila Alaoui, l'ambassadeur de France Jean-François Girault a présenté, comme le veut la tradition, chacun des récompensés en retraçant leur parcours et en rappelant les liens qu'ils ont tissés avec la France.

Il a ainsi souligné le caractère "philanthrope et engagé" de Farid Bensaid. "Vous aimez à dire que vous êtes tombé dans la musique par hasard, comme un certain héros gaulois dans la marmite de potion magique", a-t-il plaisanté, avant d'expliquer qu"on ne devient pas le créateur de l'Orchestre philharmonique du Maroc par le seul fruit du hasard", qualifiant le violoniste de "musicien virtuose".

Un combat pour la liberté d'expression

Nabil Ayouch, qui avait reçu la veille en France le Prix Lumières du meilleur film francophone pour "Much Loved", a également reçu les honneurs de l'ambassadeur. "Il existe deux manières de faire du cinéma: la manière réaliste, et celle de la fiction, du divertissement", a commencé M. Girault, citant ensuite Stendhal: "vous appartenez résolument au grand cinéma réaliste, celui qui promène le long des routes son grand miroir qui tantôt reflète le bleu du ciel, tantôt la fange des bourbiers".

Le réalisateur, qui a créé la polémique avec son dernier film sur la prostitution interdit de diffusion au Maroc, a tenu à souligner que "le temps des récompenses ne signait pas la fin de l'insolence et de la révolte", et qu'il continuerait son combat pour la liberté d'expression, mais aussi pour la démocratisation de la culture auprès des jeunes défavorisés, en créant de nouveaux centres culturels des "Etoiles de Sidi Moumen" à Fès et Essaouira, à l'image de celui implanté à Casablanca.

"Porter l'Afrique"

Enfin, l'ambassadeur de France s'est adressé à Hicham Lahlou, rappelant qu'en deux décennies, il était devenu "l'une des figures du design international", et qu'il espérait bien qu'un jour "sa signature, reconnaissable entre toutes, soit présente dans ce salon", soulignant sa "sensibilité" et son "engagement total" qui lui ont permis de se faire un nom aux quatre coins du monde.

Hicham Lahlou, "amoureux de Paris et de Rabat", et qui a collaboré avec plusieurs designers africains, a ainsi expliqué que son idéal aujourd'hui était "de continuer à porter l'Afrique, continent qui m'a vu naître et qui me passionne".

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