TUNISIE
03/09/2018 20h:19 CET

Fares Landoulsi, le jeune acteur qui perce à l'international (INTERVIEW)

Il se livre au HuffPost Tunisie pour parler de son parcours et de ses projets.

Fares Landoulsi

Vous l’avez vu peut-être dans des films comme “Ce que le jour doit à la nuit” d’Alexandre Arcady, “Face à la mer” de Sabry Bouzid ou plus récemment dans “Omerta” de Mariem Al Ferjani et Mehdi Hamnane. Il s’agit de Fares Landoulsi, un jeune acteur tunisien qui perce à l’international. Il joue actuellement dans la série de Netflix “Messiah”. 

Formé au centre chorégraphique méditerranéen de Carthage, puis l’Institut supérieur d’art dramatique, avant s’envoler à Paris suivre les cours Florent, Landoulsi peaufine ses talents d’artiste polyvalent évoluant au cinéma, au théâtre, mais aussi dans le monde de la danse. 

Il se livre au HuffPost Tunisie pour parler de son parcours et de ses projets. (Interview)

HuffPost Tunisie: Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui êtes-vous Fares Landoulsi? 

Fares Landoulsi: Je suis né à Tunis. Je suis comédien au théâtre et au cinéma, mais aussi danseur. 

Dés l’âge de sept ans, ma mère a tout de suite remarqué que j’étais différent de mon frère, de ma sœur et des autres enfants de mon âge. Elle m’a inscrit à des cours de théâtre. 

Je me suis formé à beaucoup de choses, j’avais un emploi du temps très chargé mais il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour choisir: je voulais être comédien, j’en rêvais! Et l’univers s’est arrangé pour moi .

Après mon bac, j’ai réussi le concours de l’Institut supérieur d’art dramatique à Tunis et puis au concours d’entrée en Classe Libre au Cours Florent à Paris.

Vous êtes un artiste polyvalent: vous vous sentez plus à l’aise au cinéma, à la télévision, au théâtre ou comme danseur?

Il m’arrive de me surprendre moi même. Par exemple, dernièrement je me suis trouvé à réaliser un film, c’était le making-of de Tunisia Factory alors qu’au départ je devais juste jouer dans l’un des quatre films intitulé “Omerta” co-réalisé par Mariem Al Ferjani et Mahdi Hamnane où j’interprétais le rôle de Yahia. Le fait de l’avoir réalisé reste pour moi une expérience incomparable qui m’a permis de voir autrement les choses, de passer derrière la caméra et ainsi me donner l’opportunité de confronter ce qu’un réalisateur pouvait vivre lors de la réalisation d’un premier film. 

 

Pour revenir à votre question, personnellement, je trouve que je suis plus à l’aise quand il s’agit d’un travail artistique que ce soit au cinéma ou arts scéniques (théâtre, danse ...). 

Quant à la télévision, je n’ai pas eu tellement d’expériences qui me permettraient de savoir si je suis à l’aise ou pas mais je sais que c’est à peu près le même mécanisme: plateau de tournage, texte à jouer, caméra et moins de liberté par rapport au cinéma et au théâtre, j’attends toujours le projet séduisant. 

Si j’ai choisi ce métier c’est pour être libre et entier, ce qui explique mon attachement aux deux disciplines, théâtre et cinéma, où je me sens plus à mon aise. 

Certes, il y a une différence: par exemple, quand je joue dans une pièce de théâtre, j’ai toujours beaucoup plus de sensations qu’en jouant au cinéma car sur un plateau de tournage, on joue par “petits bouts” et souvent pas dans l’ordre de l’histoire .

Au théâtre, c’est différent, c’est une représentation unique chaque soir et comme on joue la pièce dans l’ordre de l’histoire, je ressens beaucoup plus d’émotions que sur un plateau. Je ne dis pas que sur un plateau de cinéma je ne ressens rien, loin de là, mais la scène c’est quelque chose de différent. Vraiment.

J’ai eu le plaisir de jouer ”Peer Gynt” de Henrik Ibsen dans une mise en scène de Jean Pierre Garnier, un spectacle qui durait six heures et on l’a joué pendant tout un mois. Au bout d’un moment, c’est devenu un mode de vie. On apprend donc à devenir à l’aise au théâtre. C’est une discipline de fer qui nécessite un énorme travail d’endurance. On s’y habitue.

Fares Landoulsi

 

Pareil pour la danse, j’ai toujours pensé que chacun pouvait avoir la possibilité de danser et proposer une sorte de langage corporel propre à lui. Auparavant,  j’ai regretté le fait de ne pas avoir commencé la danse très jeune et suivi des cours classiques. Aujourd’hui, et avec du recul, je comprends que l’écriture hybride que je propose pourrait contribuer à une richesse du mouvement et à la contemporanéité de mes idées, de recherches sur la danse. Ceci me permet d’être plus à l’aise dans mon corps, généreux dans mes propositions et réconcilié avec moi même. 

Quoi qu’il arrive aussi bien sur scène qu’au cinéma, il faut viser la sincérité .

On ne doit pas voir un acteur qui dit un texte, ni un danseur qui fait une démonstration, mais une personne qui vit une situation.

On vous retrouve dans “Messiah”, une série Netflix, comment vous êtes-vous retrouvé dans cette série? Qu’est ce que vous a appris cette expérience?

Depuis juin 2015 j’habite sur Paris, j’étais en première année de Classe Libre au Cours Florent et quand on y est, ça nous donne le privilège de se produire au sein de l’école pendant nos deux ans de formation et d’être vu par les professionnels du milieu. Florent est une des plus prestigieuses écoles au monde, qui a formé des pointures du cinéma et du théâtre. 

Je leur dois d’avoir signé avec un agent artistique intéressé par mon profil, ce qui m’a donné accès à pas mal de propositions .

L’expérience avec Netflix n’étant pas encore achevée, je vous en parlerai davantage prochainement.

Quels sont vos projets en Tunisie et ailleurs ?

Actuellement en tournage dans la série “Messiah” de Netflix aux côtés de Mehdi Dehbi, Melinda Page Hamilton, Stephania Lavie Owen, Jane Adams, Sayyid El Alami et Wil Traval. La série ne sera pas diffusée avant 2019.

Autrement, je travaille sur la mise en scène en dialecte tunisien de “Derniers remords avant l’oubli”, une pièce de Jean Luc Lagarce, un auteur sur lequel j’ai travaillé avec ”Julie Brochen ” (comédienne et ex-directrice du théâtre national de Strasbourg). Lagarce est devenu l’un de mes auteurs préférés après Shakespeare , Molière , Racine et Tchekhov .

J’ai trouvé une certaine familiarité à jouer ses textes, de la simplicité dans ses mots, de la profondeur dans sa pensée et de l’originalité dans sa syntaxe qui  font que j’ai eu envie de jouer et mettre en scène du Lagarce en dialecte tunisien. Aujourd’hui donc j’ai fini la traduction de trois de ses pièces: ”Derniers remords avant l’oubli” , ”J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne” et ”Juste la fin du monde”. 

J’ai également un autre projet prévu pour 2020 avec Christina Towle (danseuse et chorégraphe Franco-Americaine ). C’est un projet un peu ambitieux car il y’a la musique, la danse, le sport .

En fait j’ai eu le plaisir de rencontrer Christina pendant un projet de création chorégraphique intitulé  “Daquat” ou “Pulses” sur l’invitation de l’association Hayyou‘ Raqs au sein du projet Tawassol en juin 2018 à Tunis. Et je suis très content de savoir qu’elle m’invite à poursuivre notre collaboration au sein d’un projet de résidence de recherche et d’écriture au conservatoire Francis Poulenc. Ce projet de résidence relie les disciplines de la danse contemporaine, de la musique et du Basket-ball pour créer une écriture chorégraphique innovatrice qui aboutira à une création professionnelle qui s’intitule: “Spring ”. Première à l’espace George Simenon de Rosny-sous-bois en 2020 et j’y serai danseur interprète .

Fares Landoulsi

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.