TUNISIE
21/03/2019 17h:02 CET

Face aux affaires d'agressions sexuelles, l'éducation nationale envisage (enfin) des cours d'éducation sexuelle

87 affaires ont été ainsi recensées ces 5 derniers mois, a indiqué Hatem Ben Salem.

Alors que les faits divers autour d’agressions sexuelles touchant des mineurs se succèdent, le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem, vient d’annoncer la mise en place prochainement d’une matière dédiée à l’éducation sexuelle.

Ces cours vont être conçus conjointement avec le ministère de la Santé et des spécialistes en la matière, a-t-il ajouté. Ils engloberont les écoliers et les lycéens, selon le ministre. 

Cette annonce intervient lors de la publication d’une statistique accablante sur le nombre d’affaires de soupçons de harcèlement sexuel dans le milieu scolaire. 

87 affaires ont été ainsi recensées ces 5 derniers mois, a indiqué Hatem Ben Salem. 23 professeurs reconnus coupables ont été radiés, 21 ont été suspendus en attendant le jugement définitif de leurs affaires. (vidéo ci-dessous) 

 La mise en place des cours d’éducation sexuelle correspondant à tous les âges est une demande insistante de la part de la société civile et des observateurs en Tunisie. 

Une enquête récente du Groupe Tawhida Ben Cheikh, travaillant sur la santé sexuelle et reproductive a montré que des lacunes inquiétantes en matière de sexualité existent. La désinformation domine d’ailleurs chez beaucoup de jeunes. 

Ainsi 20% des jeunes de 15 à 25 ans ont déclaré qu’ils n’ont pas reçu de renseignements sur la puberté avec une disparité importante entre les filles et les garçons.

78% des garçons disent avoir une connaissance sur la sexualité contre 58,4% pour les filles.

À défaut d’une éducation sexuelle (40% des jeunes n’ont pas reçu de cours sur la sexualité dans les établissements éducatifs), les garçons apprennent à travers des amis (63,9%), leur expérience personnelle (58,4%) et internet (50,7%) principalement. 

Quant aux filles, elles s’appuient d’abord sur les amis(es) (58,3%), les parents (49,6%) et internet (41,5%). 

Aussi bien pour les garçons que pour les filles, les prestataires de santé ne sont que très rarement cités (autour de 1%) comme sources d’information. 

 Cette méconnaissance en matière de sexualité engendre un ensemble de dysfonctionnements de sexuels, d’abus, de pratiques à risques mais aussi des rapports sexuels moins épanouissants plus tard, alertent les spécialistes.

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