TUNISIE
27/11/2018 15h:42 CET | Actualisé 27/11/2018 15h:43 CET

Face au ministre de l'Intérieur, des députés appellent à dévoiler la vérité au sujet de la "chambre noire" et de "l'appareil secret d'Ennahdha"

Des scellés volés au ministère de l'Intérieur, une présumée planification d'assassinat d'un président étranger, les députés ont mis en garde contre la gravité de la situation.

Reuters

L’affaire de la “chambre noire” et de l’ “appareil secret d’Ennahdha” ont été le sujet de discussion à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), en marge de l’audition du ministre de l’Intérieur, Hichem Fourati, sur le buget du ministère de l’Intérieur pour l’année 2019.

Zied Lakhdar, député du Front Populaire, avait attiré l’attention sur la disparition de scellés du ministère, ajoutant que plusieurs témoignages d’agents du ministère confirment l’information.

“Qu’allez-vous répondre aux témoignages qui existent sur le vol des scellés relatifs à l’appareil secret.′ a-t-il ajouté en référence au très contesté “appareil secret” d’Ennahdha.

“Nous voulons que le ministère de l’Intérieur reste en dehors des conflits politiques, et que vous, Mr le ministre, nous donniez l’exemple. Aujourd’hui vous avez la chance de démanteler ce réseau, nous ne voulons pas que vous la perdiez.” s’est-il adressé au ministre.

Plusieurs autres députés ont également dénoncé le brouillard qui plane sur l’affaire de la “chambre noire”, exprimant la nécessité qu’une enquête sérieuse et poussée soit diligentée.

La députée du Mouvement Nidaa Tounes, Fatma Mseddi a également souligné la nécessité de dévoiler la vérité au sujet de l’appareil secret, selon elle responsable des assassinats de Belaid et Brahmi.

“Dévoiler la vérité à propos de l’appareil secret est devenue une priorité. Cet appareil qui est derrière les assassinats de Belaid et Brahmi, et du plan d’assassinats visant Béji Caid Essebsi et François Hollande, mettra la Tunisie dans une position conflictuelle avec certains pays.” a déclaré Fatma Mseddi

Elle a ensuite appelé à l’activation du Conseil de sécurité nationale en présence du ministère de l’Intérieur, ainsi qu’à la constitution d’une commission d’enquête qui ferait participer les différents ministères compétents (Défense et Intérieur).

“L’infiltration de l’appareil sécuritaire et les abus commis dans ce domaine sont devenus un état maladif”, a-t-elle constaté

A ce propos, elle a fait état de soupçons qui planent sur le responsable nommé à la tête de la direction des renseignements et souligné la nécessité de prendre au sérieux cette question.

Le député du bloc ” Al-Horra ” du Mouvement machrou Tounes a pour sa part estimé que “le discours sur l’indépendance du ministère de l’Intérieur ne doit pas rester un slogan creux, et qu’Il faut joindre l’action à la parole”

″Les rebondissements de cette affaire ont dépassé toutes les bornes, particulièrement lorsqu’il s’agit du vol de scellés du ministère de l’Intérieur ”, a-t-il ajouté.

Ennahdha impliquée dans une planification d’assassinat de Béji Caid Essebsi et François Hollande?

Ridha Raddaoui, membre du collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, a indiqué hier à l’issue d’une réunion du comité avec le président Béji Caid Essebsi, que le juge d’instruction avait entendu, le 21 novembre, l’agent qui a saisi les documents (se trouvant dans la chambre noire du ministère de l’Intérieur) et que ce dernier a révélé l’existence, en 2013, d’un plan visant l’assassinat de Béji Caïd Essebsi et l’ex-président Français François Hollande. Le document avait ensuite été volé, a-t-il ajouté.

Il a, en outre, relevé que les nouvelles données contenues dans le dossier de l’affaire confirment le vol de l’appareil destructeur de documents. Cet appareil aurait été saisi avant de disparaître, a-t-il relevé.

Il a précisé que l’appareil était sous la responsabilité du dénommé Abdelaziz Daghzeni (époux de la nièce de Rached Ghannouchi). Ce dernier n’a pas encore été entendu dans le cadre de cette affaire, bien au contraire son identité a été cachée, a dit Raddaoui.

Le mouvement Ennahdha s’est par ailleurs déclaré “très étonné” par ces accusations.

“Ces accusations sont mensongères et dépourvues de ‎tout ‎fondement. Elles visent à porter atteinte au parti”, a ‎souligné ‎Ennahdha dans une déclaration rendue publique.

“Les allégations de la présidence de la République sont ‎contraires ‎au principe d’impartialité de l’institution et à son ‎rôle ‎constitutionnel”, a noté Ennahdha dans la même ‎déclaration.‎

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