ALGÉRIE
24/03/2019 15h:49 CET

Face à la feuille de route de l'opposition, le silence du pouvoir

ASSOCIATED PRESS

Le pouvoir a entre les mains une série de propositions qui émanent d’une partie de l’opposition, réunis à Alger samedi 22 mars. Depuis le début des manifestations populaires, c’est la première fois qu’une série de mesures sont sur la table des décideurs, alors que celui-ci se drape dans le silence depuis le début du mouvement populaire, ne rompant son mutisme que par les missives du président Bouteflika.

Face à un régime tétanisé face à l’ampleur des manifestations et dont la seule issue réside dans un hypothétique essoufflement du mouvement, l’opposition veut enfoncer le clou et imposer une feuille de route pour une sortie de crise.

A la différence de la “Plateforme pour le changement en Algérie”, signée par  Abdelghani Badi, Mohcine Belabes, Ali Benouari, Samir Bouakouir, Mourad Dhina, Kamel Guemazi et Karim Tabou, qui n’a pas fait long feu, cette fois-ci les propositions de l’opposition sont une base de travail à laquelle le pouvoir ne pourra pas se soustraire et devra y apporter une réponse rapide, d’autant qu’à travers ses canaux médiatiques, il a souvent mis en exergue la difficulté de mener des négociations avec un mouvement sans “tête” et sans projet politique bien défini. Que propose l’opposition ? 

Des mesures concrètes et applicables “après la fin du mandat présidentiel actuel” Elle porte sur la création d’une “instance présidentielle” et l’entrée dans “une courte période de transition”, de “moins de six mois”, pendant laquelle “les prérogatives du Président sont confiées à une instance présidentielle composée de personnalités nationales crédibles, honnêtes et compétentes qui adoptent les revendications du peuple”.

Ses membres devront “s’engager à ne pas se présenter comme candidats ni soutenir de candidat” lors des élections qui devront se tenir par la suite. “L’instance présidentielle détiendra les prérogatives du Président de l’État”, selon le communiqué. Elle sera chargée de “former un gouvernement de compétences nationales (technocrates) pour gérer les affaires courantes”, “instaurer une instance nationale indépendante d’organisation des élections”, “modifier la loi électorale pour garantir des élections libres et transparentes”.

La balle est dorénavant dans le camp du régime. L’opposition aura peut-être une réponse à ses propositions demain, lundi. Par lettre.