MAROC
25/03/2019 14h:55 CET

Face à la détresse des Marocaines à Huelva, des associations appellent les autorités à intervenir

“Elles survivent grâce à l’aide de quelques associations".

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ASSOCIATION - “Ces femmes sont dans une situation embarrassante, nous avons demandé aux autorités marocaines d’intervenir, mais elles tardent à le faire”. Latifa Bouchoua, membre de la coordination des 4 associations, la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF), l’Union de l’action féminine (UAF), Jossour et l’Association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes (AMVEF), exprime un regret collectif.

Face à la situation que vivent les Marocaines parties travailler à Huelva en Espagne et ayant porté plainte contre leurs employeurs, ces associations affirme suivre de près l’état des lieux. “Nous sommes constamment en contact avec leur avocate pour prendre connaissance de l’évolution du dossier du côté des tribunaux”, déclare au HuffPost Maroc Latifa Bouchoua. Citant l’avocate, cette militante souligne que la quête de justice pour ces femmes relève d’une “véritable galère”. “Des tribunaux se sont dits incompétents et d’autres n’ont pas convoqué les accusés pour les entendre. Et ces femmes se sont retrouvées, finalement, dans une situation sociale d’exclusion et administrativement irrégulière”, s’inquiète la militante. 

Elles sont victimes d’une double peine, car ces femmes attendent toujours que  justice soit faite. Un reportage du journal espagnol El País relate leur détresse en recueillant le témoignage d’Amina et Aïcha, deux des huit Marocaines qui travaillaient à la ferme d’Almonte. En juin dernier, ces femmes ont dénoncé des agressions sexuelles et, depuis, leur vie s’est transformée en cauchemar. 

“Elles survivent grâce à l’aide de quelques associations. Étant dans une situation irrégulière, elles ne peuvent ni travailler, ni rentrer chez elles”, se désole Latifa Bouchoua. Et d’estimer que “ces femmes ont le droit d’être protégées par l’État marocain à travers sa représentation diplomatique”. 

Ces ONG avaient revendiqué un mécanisme de partenariat avec le ministère du Travail et de l’Insertion professionnelle, en charge de gérer le travail saisonnier des ouvrières agricoles à Huelva. Elles ont d’ailleurs été reçues par le ministre Mohamed Yatim au début du mois de décembre 2018, quelques jours après son annonce d’une batterie de mesures prise avec la partie espagnole pour améliorer les conditions de vie de ces saisonnières. “Nous avions convenu d’un mécanisme de partenariat pour intégrer la société civile dans la partie sensibilisation, information et suivi. Mais à ce jour, rien n’a été fait”, constate Latifa Bouchoua.

Le Maroc et l’Espagne avaient scellé un engagement commun consistant à donner à cette opération du travail saisonnier de ces femmes “un aspect culturel, humain et éducatif”. Il devra s’appliquer dès cette année, offrant à ces saisonnières 19.000 postes, dont 7.500 pour des nouvelles recrues à Huelva. Au début du mois dernier, Yatim a signé une nouvelle convention avec le ministre délégué chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la Migration, Abdelkrim Benatiq, pour un partenariat visant l’accompagnement des travailleurs saisonniers marocains en Espagne.