MAROC
07/03/2019 12h:46 CET

Face à la colère des enseignants contractuels, Amzazi leur rappelle avoir signé un engagement

Cet engagement “ne permet pas aux enseignants contractuels de revendiquer l’intégration dans la fonction publique”.

Ministère de l'Education nationale

ÉDUCATION - “Ils ont signé leurs contrats et se sont engagés à respecter les clauses contenues de leur plein gré”. C’est le message que le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaid Amzazi, a adressé aux enseignants contractuels au cours de la conférence de presse qu’il a tenue hier à Rabat. 

Réagissant à leur série de manifestations organisées à travers toutes les Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF), cette semaine, le ministre, accompagné du porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, a choisi de brandir la carte du rappel à l’ordre. “Les recrutés ont été suffisamment informés, à travers des notes ministérielles et des annonces de concours et de résultats, de toutes les clauses contenues dans les contrats qu’ils ont signés”, a-t-il déclaré. Et de préciser que cet engagement “ne permet pas aux enseignants contractuels de revendiquer l’intégration dans la fonction publique”, attirant l’attention sur la dernière clause de “l’engagement” que signe l’enseignant contractuel et qui le stipule noir sur blanc. Amzazi a d’ailleurs tenu à montrer aux médias le modèle de contrat que signe cette catégorie d’enseignants en preuve de ce qu’il avance (comme le montre cette capture de la présentation du ministre ci-dessous). 

Capture d'écran

Mais être contractuel ne signifie pas perdre ses droits. Amzazi a tenu à le souligner en en faisant “son engagement”. “Je ne ménagerai aucun effort”, promet-il, “pour leur garantir les conditions appropriées en terme de stabilité, motivation et formation”. Aux enseignants cadres des AREF, un statut particulier  a été adopté à compter du 1er septembre 2018, a-t-il rappelé expliquant qu’il s’agit d’un “outil essentiel pour la gestion du parcours professionnel et des situations administratives de ces cadres”. Ce statut garantit les droits et les obligations relatifs à la formation de base et continue, la protection sociale et la motivation tout au long de la carrière, à l’instar du reste des enseignants soumis au statut particulier des personnels du ministère de l’Éducation nationale. 

Le statut particulier des cadres des AREF compte aussi de nouvelles garanties qui ne figuraient pas dans la décision commune entre le ministère et celui  de l’Economie et des finances, tels que le recrutement de cadres des AREF  conformément aux postes budgétaires inscrits à leurs budgets, la définition du contrat fondé sur le consentement des parties et la gestion du parcours professionnel. Le droit à une suspension temporaire du travail au profit de enseignantes y est prévue, ainsi que la prise en compte des années d’ancienneté pour les cadres des AREF au moment de leur intégration dans le statut particulier au même titre que les autres établissements publics.

Stabilité et motivation, le ministre précise que ce statut particulier “peut être amélioré chaque fois que nécessaire”.  Mais, pour l’instant, il a tenu à souligner que pour l’équivalence entre la situation administrative des cadres des AREF et le reste du corps enseignant, un avenant du contrat est signé par les enseignants  avec les académies régionales, conformément au statut particulier.

aic press
Manifestation des enseignants contractuels, le 5 mars 2019 à Rabat. 

Pour le ministre, débattre de la question des contractuels soulève surtout l’enjeu qu’ils représentent au sein de l’enseignement public. Il a expliqué que leur recrutement par la voie du contrat a été dicté par des impératifs à commencer par le problème de l’insuffisance des postes budgétaires créés annuellement dans le secteur. Ce recrutement avait donc pour but de renforcer le corps enseignant et permettre, par effet rétroactif, de réduire la surcharge dans les classes dont le nombre d’élèves dépassait parfois 60 dans certaines provinces.

Les résultats, pour Amzazi, sont prometteurs: la surpopulation dans les classes a baissé, en moyenne, de 7 à 20% et ce mode de recrutement a permis la réduction des classes multi-niveaux au primaire, mais aussi ”à surmonter le problème du déficit des cadres éducatifs dans les différents cycles d’enseignement qui se posait  à chaque rentrée scolaire”.

De 2017 à 2019, l’éducation nationale, à travers ses académies régionales, vise le recrutement de 70.000 contractuels, dont 55.000 sont déjà en exercice. Les 15.000 restants poursuivent actuellement leur formation, précise le ministre dans sa présentation aux médias. Mais, pour garantir les meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves, Amzazi précise que le besoin des académies en enseignants, entre 2019 et 2030, est estimé à 206.096.

Un recrutement stratégique à tous les niveaux, ces contractuels répondent également, selon le ministre, à la mise en oeuvre par le gouvernement de la régionalisation avancée. Il s’inscrit dans le processus de déconcentration et décentralisation du secteur de l’éducation nationale. Et sur ce point, le ministre a précisé qu’il s’agit d’adapter la situation de ces académies avec les exigences de la loi (69-00) relative au contrôle financier de l’Etat sur les entreprises publiques et autres organismes, et de les renforcer en tant qu’établissements publics dotés de l’autonomie administrative et financière. En d’autres termes, ces AREF disposeront d’une indépendance leur permettant de mieux gérer leurs besoins surtout en ressources humaines.