MAROC
07/01/2015 14h:39 CET | Actualisé 08/01/2015 08h:34 CET

"Exodus": Les réactions suite à l'autorisation du film au Maroc

CINÉMA - Après deux semaines de polémique, le film de Ridley Scott, "Exodus: Gods and Kings", est de nouveau autorisé dans les cinémas marocains.

La Fox et le réalisateur du film ont accepté de retirer les séquences sonores qui avaient conduit la commission de visionnage à interdire la sortie du film dans les salles obscures marocaines.

"Le droit de s'exprimer librement"

Cette nouvelle décision n’a pas manqué de faire réagir la toile et les professionnels du secteur. Interrogé par le HuffPost Maroc, le directeur de l’Union des réalisateurs auteurs marocains (URAM), Naoufel Berraoui, qui avait contesté l’interdiction du film, indique que sa position ne change pas.

"On comprend les prérogatives et les problèmes que rencontre une commission de visionnage dans un pays islamique, mais on doit encourager au maximum le droit de s’exprimer librement", indique-t-il. "C’est une sage décision qui a été prise des deux côtés, mais nous aurions préféré que le film ne soit pas amputé d’une séquence", ajoute M. Berraoui.

Le directeur de l’URAM rappelle également que ce n’est pas la première fois qu’une œuvre cinématographique subit des coupes au Maroc: pour le film "Le nom de la rose" (sorti en 1986), des scènes osées avaient été supprimées.

"Le film 'Exodus' est projeté au cinéma. Les spectateurs, qui achètent leurs billets, sont suffisamment matures et conscients pour faire la part des choses', estime-t-il. "Par ailleurs, on peut se contenter, comme dans n’importe quel pays du monde, d’appliquer des interdictions aux moins de 12 ou 16 ans, plutôt que de supprimer des scènes".

"Une demi-victoire"

Même son de cloche chez la distributrice du film, Mounia Layadi Benkirane, qui a estimé que c’était "une demi-victoire car on aurait souhaité qu’il n’y ait pas de censure du tout", rapporte l’AFP. La bande son supprimée du film dure environ 5 secondes: on entend un enfant qui dit à Moïse "I am" ("je suis"). Une expression qui signifie, selon la tradition hébraïque, qu’il est Dieu.

D'après Mme Layadi Benkirane, dans ses échanges avec la Commission de visionnage, Ridley Scott a assuré "avoir pris grand soin de n'offenser aucune religion" durant le tournage, et souligné que son film ne comportait "aucune représentation de Dieu". "S'il a accepté la suppression (des deux passages), c'est à contre-cœur", a-t-elle avancé.

Le président du Centre cinématographique marocain (CCM), Sarim Fassi Fihri, avait quant à lui déclaré la semaine dernière au HuffPost Maroc que si le film avait été diffusé tel quel, "personne ne sait comment la majorité des Marocains aurait réagi. Un principe de précaution a été appliqué".

Sur Twitter, les internautes ont également réagi à cette décision, les uns la soutenant, les autres la condamnant, souvent avec humour:

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