MAROC
09/07/2019 17h:52 CET

Exclusif: Oxfam Maroc réagit aux accusations de harcèlement de son personnel

L'ONG ne dément pas les faits mais elle assure qu'elle prend "très au sérieux la situation".

Raylipscombe via Getty Images

CONFLIT SOCIAL - Harcèlement moral, violation des libertés syndicales ou encore licenciements abusifs. Autant d’accusations portées contre Oxfam Maroc par la Confédération démocratique du travail (CDT) qui a observé, le 21 juin dernier, un sit-in devant le bureau de cette ONG à Rabat. Elle y a dénoncé une situation jugée “intolérable” où sévit “une discrimination en faveur des cadres de nationalité étrangère au détriment de leurs collègues marocains”. 

Ce sit-in a été organisé, d’ailleurs, au lendemain du “licenciement abusif” d’une cadre de l’ONG affiliée à la CDT, Fatima Zehra Idrissi. Dans une déclaration au HuffPost Maroc, cette dernière affirme avoir été victime au bureau d’Oxfam Maroc de “traitements dégradants”. “Après avoir travaillé pendant plus de quatre ans dans cette ONG, j’ai reçu la décision de ma révocation arguant une incompétence”, nous confie-t-elle. Et de préciser que son salaire a été “réduit” et qu’elle a été “dégradée de son poste”.

Et cette ancienne cadre n’est pas la seule à dénoncer “des pressions vécues au sein d’Oxfam Maroc”. D’autres, dont elle est le porte-voie, dénoncent aussi des conditions de travail “intolérables”. Dans un communiqué, la CDT a soulevé “des dysfonctionnements” suite auxquels elle a appelé à l’ouverture d’un dialogue. La centrale syndicale reproche à Oxfam le fait que “son personnel ne dispose pas de délégués” et “l’absence d’un règlement interne approuvé par les autorités compétentes”. Le syndicat dénonce, dans le même communiqué, “l’absence d’une justice salariale” et accuse l’ONG de “faire pression sur ses militants pour les pousser à démissionner”.

Le HuffPost Maroc a contacté Oxfam pour qu’elle réagisse à ces accusations. L’ONG nous a alors déclaré qu’elle “prend très au sérieux la situation”, et que “des mesures sont déjà en cours afin de remédier à certaines des préoccupations qui ont été soulevées”. Oxfam se dit ainsi prête à faire valider son règlement intérieur auprès de l’inspection du travail. Ce sera réalisé “au cours des deux prochains mois”, promet-elle. Les politiques internes d’Oxfam garantissent, ajoute l’ONG, que “les différentes étapes de ce processus sont communiquées clairement et de manière transparente aux personnes impliquées”.

Quant aux accusations de harcèlement et abus, Oxfam assure que, depuis 2011, elle a mis en place “des mesures plus strictes pour les prévenir”. Elle précise ainsi avoir mis en service “une ligne téléphonique de dénonciation et une équipe dédiée à ce sujet”. Et d’ajouter qu’au mois de février dernier, elle a ”établi un plan d’action en 10 points visant à renforcer nos politiques et pratiques de prévention du harcèlement”. L’ONG se dit engagée à faire “tout ce qui est en son pouvoir” pour donner suite à toute plainte, quelle que soit la nature de l’abus dénoncé.

De même, Oxfam dit ne ménager aucun effort pour offrir un environnement  sécurisé, surtout aux femmes, à travers des procédures et politiques de prévention, estimant que sa “principale responsabilité est d’assurer la sécurité des personnes avec qui nous travaillons”.