TUNISIE
19/06/2018 14h:23 CET | Actualisé 19/06/2018 14h:23 CET

Exclusif - Fraichement nommé Vice-président de la Banque mondiale, Ferid Belhaj se livre au HuffPost Tunisie

Fraichement nommé vice-président de la Banque Mondiale, en charge de la région MENA, le Tunisien Ferid Belhaj a passé plus de 20 ans au sein de l'institution

World Bank

Fraichement nommé vice-président de la Banque Mondiale, en charge de la région MENA, le Tunisien Ferid Belhaj n’est plus à présenter. Le diplomate avait rejoint la Banque Mondiale en 1996 et a été notamment chargé de la région pacifique avant d’être nommé “Country Director” au Maroc.

Il accorde au HuffPost Tunisie une interview exclusive pour mieux le connaitre et mieux connaitre son parcours.

HuffPost Tunisie: Quelle a été votre formation, où avez-vous étudié?

Ferid Belhaj: La Faculté de Droit de Tunis est ma réelle école. C’est là que j’ai appris le droit, que j’ai le mieux connu la Tunisie dans sa divérsite et dans la richesse de ses jeunes, et c’est de là que j’ai bénéficié de la connaissance, du savoir et de la patience de grands professeurs, tels Mohamed Charfi, Sadok Belaid, Yadh Ben Achour, Hafedh Ben Salah, Abdelfattah Amor...

J’ai ensuite poursuivi mes études doctorales en droit en France.

À la Banque mondiale, j’ai bénéficié de formations multiples en ‘leadership and management’ prodiguées par la Harvard Business School.

Quel poste occupiez-vous avant de rejoindre la Banque mondiale?

J’ai toujours souhaité m’engager dans la dynamique des relations internationales. Logiquement donc, à la fin de mes études, j’ai rejoins le corps diplomatique tunisien où j’ai rencontré les femmes et les hommes qui ont construit la diplomatie tunisienne. Je pourrais en citer beaucoup, qui ont donné au pays une dimension internationale que la taille de son économie, par exemple, ne permettait probablement pas d’envisager. J’ai fait mes premiers pas dans “La Carrière” en tant que membre du Cabinet de deux grands ministres, messieurs Hédi Mabrouk et Mahmoud Mestiri. Deux immenses diplomates auprès desquels j’ai beaucoup appris. J’ai ensuite servi à la Mission Permanente de la Tunisie auprès des Nations Unies à New-York et à l’Ambassade de Tunisie aux États Unis, à Washington.

Quelle était votre mission lorsque vous occupiez le poste de Chief of staff?

C’est le poste le plus complexe de toute ma vie professionnelle. L’équivalent du Directeur de Cabinet à la Présidence. Travailler avec le Président du Groupe de la Banque mondiale au maintien des équilibres nécessaires a la bonne gestion d’une organisation aussi diverse, décentralisée, multidimensionnelle et agile est une tâche de tous les instants. C’était un travail extrêmement important notamment au moment où la Banque mondiale venait demander à ses actionnaires une augmentation de capital. Le President Kim a réussi au delà de toutes les prévisions à s’assurer le soutien de tous les membres du Groupe pour une augmentation historique de la capacité financière de la Banque. Une marque de confiance qui constitue une bonne nouvelle pour les pays récipiendaires des appuis de la Banque, dont la Tunisie.

Quels seront vos défis en tant que vice-président?

Avec les équipes de la région MENA nous allons poursuivre le travail important accompli par mon prédécesseur, Hafez Ghanem, qui a réellement donné à notre région une dimension plus grande encore. Je vais conduire des consultations avec toutes les parties prenantes dans les pays de la région: gouvernements bien entendu, mais aussi le secteur privé, extrêmement important pour un schéma de développement durable et solide. Les acteurs de la société civile, et notamment les jeunes qui sont mon objectif premier. Notre région est forte de sa jeunesse. Il nous faut investir en elle et lui offrir le potentiel de s’épanouir dans la créativite et l’entreprise.

Après 20 de carrière au sein de la Banque mondiale, quels sont les projets qui vous ont le plus marqué?

Tous les projets sur lesquels j’ai travaillé m’ont marque. Tous!! Parce que chacun de ces projets porte en lui la promesse d’une vie meilleure pour les personnes qui en ont bénéficié. Depuis mon premier projet à la Banque, au Maroc, sur le développement du financement municipal en tant que vecteur de décentralisation, jusqu’à mon dernier projet sur la reconstruction des villes décimées par Daesh en Iraq, leur infrastructure, leur économie et au dessus de tout, l’immense tâche de recoudre un tissus social déchiré par les atrocités que nous avons tous vues à la télévision, en passant par le travail fait en Thaïlande, dans les pays du Pacifique, au Liban et en Jordanie avec la question des réfugiés syriens. Chaque opération, chaque dialogue, chaque projet, est une satisfaction et un espoir.

Que pensez-vous de la situation économique et financière actuelle de la Tunisie?

Extrêmement difficile. La Tunisie doit impérativement prendre la mesure de la gravité de sa situation économique et financière. Tous les responsables tunisiens le disent. Il faut agir, et vite. La Tunisie compte beaucoup d’amis et de soutiens. Mais ceux là ne peuvent réellement soutenir que les efforts faits par le pays lui même.

Est-il raisonnable de penser que la Banque mondiale se focalisera plus sur la Tunisie, avec vous au poste de vice-président chargé de la région MENA? 

Nous menons notre mission auprès de nos membres de la même manière, avec le même enthousiasme, le même professionnalisme et le même engagement, quelles que soient nos sympathies personnelles ou notre nationalité. Et vous le savez, la relation entre la Banque mondiale et la Tunisie est très ancienne, elle trouve ses racines dans l’histoire du pays et de l’institution. Notre partenariat est solide et le restera.

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